‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 47 sur 59 · LIVRE IV. Ii · texte numérisé non relu

LIVRE IV. Ii

La jeunesse, des murs abandonnant l'enceinte , Sur le safran vermeil '7, sur la sombre byacintbe, Sur les tilleuls fleuris enlève son butin, Moissonne la lavande et dépouille le thym.

On les voit s'occuper'**, se délasser ensemble. L'aurore luit, tout part ; la nuit vient, tout s'assemble; L'espoir d'un doux repos les invite au retour ; On s'empresse à la porte, on bourdonne à l'entour; Dans son alcôve enfin chacune se cantonne : Plus de bruit; tout ce peuple au sommeil s'abandonne.

L'air est-il orageux et le vent incertain , Il ne hasarde point de voyage lointain : '

A l'abri des remparts de sa cité tranquille Il va puiser une onde à ses travaux utile ; Et souvent dans son vol, tel qu'un nocher prudent, Lesté d'un grain de sable '9, il affronte le vent.

Ses enfants sont nombreux ; cependant, ô merveille, L'hymen ^° est inconnu de la pudique abeille ;

^%0 At fessae multa referunt se nocte minores,

Crura tliyrao plenae ; pascuntur et arbuta passiin , Et glaucas salices , casiamque , crocumque rubentem Et pinguera tiliam, et ferrugineos hyacinthos.

Omnibus una quies operuui, labor omnibus unus. Mane ruunt portis, nusi(uam mora; rursus easdem Vesper ubi e pastu tandem decedere campis Admonuit, lum tecta petunt, tum corpora curant. Fit sonitus , mussantque oras et limina circum. Post , ubi jam thalainis se composuere , siletui- <90 In noctem , fessosque sopor suus occupât artus.

Nec vero a stabulis pluYia impendente recedunt Longius, aut credunt cœlo, adventantibus Euris : Sed cirum tntfe sub mœnibus urbis aquantur , Excursusquc brèves tentant, et saepe lapilios. Ut cynibae instabiles (luctu jactante saburram , Tollunt; liis sese per inania nubila librant.

lilum adeo placuisse apibus mirabere moreni , Quod nec concubilu indulgent, nec corpora segnes Ih Venereni solvunt, aut fétus nixibus edunt ;

Ignorant ses plaisirs ainsi que ses douleurs ,

mie adopte des vers éclos du sein des Meurs,

De jeunes citoyens repeuple son empire,

Et place un roi nouveau dans ses palais de cire :

Aussi, quoique le sort, avare de ses jours.

Au septième printemps eu termine le cours.

Sa race est immortelle , et, sous de nouveaux maîtres,

D'innombrables enfants remplacent leurs ancêtres.

Plus d'une fois aussi, sur des cailloux tranchants. Elle brise son aile en parcourant les champs. Et meurt sous son fardeau, volontaire victime : Tant du miel et des fleurs le noble amour l'anime.

Quel peuple de l'Asie^' honore autant son roi ? Tandis qu'il est vivant, tout suit la même loi : Est-il mort , ce n'est plus que discorde civile : On pille les trésors, on démolit la ville ; C'est l'âme des sujets, l'objet de leur amour; Ils entourent son trône, et composent sa cour, E'escortent au combat, le portent sur leurs ailes, Et meurent noblement pour venger ses querellas.

200 Veriim ipsae e foliis natos et suavibus licrl)is Ore legunt ; ipsse regem parvosque Qui ri tes Siifliciunt, aulasijue et cerea régna rt'lingunt. Ergo ipsas quamvis angusti terminus aevi Excipiat, neqiie enim plus septima ducitur .-estas, At genus immortaie manet , multosque per annos Stat fortuna domus, et avi numerantur avoruin.

Sse|)e etiam duris errando in cotibus alas Attrivere , ultroque animam sub fasce dedcre : Tantiis amor florum, et generandi gloria mollis.

210 Pratcrea regem non sic Jîgyptus, et ingens

Lydia, nec populi Parthorum, aut Medus Hydaspes Observant. Rege incoluiiii mens omnibus una est : Amisso rupere fidem , constructa(|ue mella l>iripuere ipsae, et crates solvere favorum. Ille opernm custos; illum admirantur, et omiies Circumslant fremilu dcnso, stipantipio IrPtpicntes; El saepe atlollunt bumeris, et corpora bello

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