LIVRE I
Je chante les moissons : je dirai sous quel signe Il faut ouvrir la terre et marier la vigne ; Les soins industrieux que l'on doit aux troupeaux, Et l'abeille économe, et ses sages travaux.
Astres qui, poursuivant votre course ordonnée, Conduisez dans les cieux la marche de l'année ; Protecteur des raisins', déesse des moissons, Si l'homme encor sauvage, instruit par vos leçons. Quitta le gland des bois pour les gerbes fécondes , Et d'un nectar vermeil rougit les froides ondes ; Divinités des prés, des champs et des forêts. Faunes aux pieds légers, vous, Nymphes des guérets , Faunes, Nymphes, venez; c'est pour vous que je chante. Et toi, dieu du trident, qui de ta main puissante De la terre frappas le sein obéissant.
Et soudain ils bondir un coursier frémissant,