CONTRE LA SECONDE MEDITATION
De la nature de l'esprit humain, et qu'il est plus aisé de le cormoître que le corps.
I. Il n'étoit pas besoin d'un si grand appareil pour prouver que vous êtes; on pouvoit le conclure de toute action; car la difficulté n'est pas de savoir si l'on existe, mais ce que l'on est. Il ne faut pas refuser au corps le mouvement spontané.
II. On ne doit pas attribuer exclusivement au corps la forme, l'étendue, l'impénétrabilité et la mobilité, car la Conscience ne nous montre nullement que ces qualités n'appartiennent pas à l'être qui pense.
III. L'être qui pense s'accroît et s' affaiblit avec le corps; il meut les membres, et doit par conséquent se mouvoir ; il peut être un corps subtil. Il faut prouver que nul corps ne pense, que l'àme des bêtes est immatérielle, et que le corps humain ne contribue en rien à la pensée.
IV. L'àme ne pense pas toujours : pense-t-on pendant la léthargie, dans le sein de sa mère, ou quelques instants après en être sorti?