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LE GLORIEUX, ACTE V, SCENE V

H. josse.m Comte. I

Votre nom , s'il tous plaît , vos titres , votre rang Je ne les savois point; ils sont restés en blanc.

LB COMTE

Je vais vous les dicter. N'oubliez rien , de grâce. Tous avez pour cela laissé bien peu de place.

K. JOBSE.

La marge y supptéra. Voyez quelle largeur !

LB COMTE

(11 dl

Écrivez donc. Très-haut et très-puissant seij

M. JOS3B, m levant.

Monsieur, considérez qu'on ne se qualifie... .

LB COMTE

Point de raisonnements , je vous le signifie.

H. JOSSB , écrtrint.

Et très-puissant seigneur.

LE comte, dictait.

Monseigneur Carloman, Alexandre, César, Henri, Jules, Armand, Philogènes, Louis...

M. JOSSE

Ob I quelle kyrielle !

Ma foi , sur tant de noms ma mémoire chancelle.

(iirf

Philogènes, Louis.... Après.

lb comte, dictent.

De Mon t-sur-Mont .

M. JOSSB, répètent.

Sur-Mont,

LE COMTE, dictant

Chevalier....

m. Jossb. réptuat Lier.

LE COMTE, nu Notaire.

Continuel. Baron De Montorgueil.

H. JtJSSK.

■ Orgueil.

LB COMTE, d'an ton «mpooié.

Bon. Marquis de Tuflère.

Quoi 1 vous êtes marquis ?

LB COMTB.

Proprement, c'est mon père ; Mais comme , après sa mort, j'aurai ce marquisat, J'en prends d'avance Ici le titre en mon contrat

LISIMON, lui frappant «ir lépiote.

Cest bien fait, mon garçon; la chose t'est permise.

(àlnMIc.) Je te fais compliment, madame la marquise.

M. JOSSB, au Conte.

Est-ce tout?

' Comment tout I Seigneur....

M. JOSSB.

Et cetera.

Cette tirade-là jamais ne finira.

te COMTE.

Mettez , et autres lieux , en très-gros caractère.

ISABELLE , * LlMtte.

En lettres d'or.

LISETTE, «tutelle.

Paix donc.

ISABELLE, a LlMtte,

Je ne saurois me taire.

Je ne puis me prêter k tant de vanité.

LUETT8, tlMbeue. C'est le fbible commun des gens de qualité.

Leurs titres bien souvent font tout leur patrimoine

M. JOSSE, » UMmon.

(nat.) A vous présentement , monsieur. Messire Antoine Lisimon...

LE COMTE, d'an liraurprfc.

Antoine.

LISIMON.

On*.'

LB COKTB.

. Quoi! c'est là votre" nom t Antoine I est- il possible f

LISIMON.

Et , parbleu I pourquoi non ?

LB COMTE

Ce nom est bien bourgeois !

Mais , pas pins que les autres.

Je crois que mon patron valoit bien tons les votre*.

LB COMTE, d'au iu dédiigneai.

Passons , monsieur, passons. Vos titres. C'est le Dont il s'agit ici. [point

LISIMON.

Qui? moi? Je n'en al point LE COKTB. Comment donc! vous n'avez aucune seigneurie?

XltIKOE.

Ah I je me souviens d'une. Écrivez, je voua prit.

[Udl

Antoine Lisimon, Écuyer.

LB COMTB.

Rien de plus?.

LISIMON.

Et seigneur suzerain.... d'un million d'écus-

LB COMTE

Vous vous moquez , je crois l L'argent est-il nn ti-

lisimon. [traî

Plus brillant que les tiens. Et j'ai dans mon pupitre

Des billets au porteur, dont je fais plus de cas Que de vieux parchemins , nourriture des rats.

M. JOSSE

Il a raison.

LE COHTB.

Pour mol, je tiens que la noblesse....

il. josse. [pèce.

Obi nous autres bourgeois, nous tenons pour l'es-

(kL

on.)

Ça , stipulons la dot.

lis mon.

Le gendre que je prends M'engage à la porter à neuf cent mille francs.

M. JOSSB. an Comte.

Voilà pour la future un titre magnifique ,

Et qui soutiendra bien votre noblesse antique.

LE COMTE. » II. Joue, bu.

Monsieur le garde-note, oui, l'argent nous soutient; Mais nous purifions la source dont il vient.

H. JOSSB.

Et quel douaire aura l'épouse contractante ?

LE COMTE

Quel douaire, monsieur? Vingt mille francs de rente.

lisette. a part.

Mou frère est magnifique. En tout cas, je sais bien Que, s'il donne beaucoup, il ne s'engage à' rien.

M. JOSSE, au Comte.

Sur quoi l'assignez- vous ?

LISUION.

Oui.

LE COHTB. dfobat.

Sur la baronote De Montorgueil.

H. JOSSB, MleiuL

Voilà votre affaire finie.

L 151 MON

Signons donc maintenant. La noce se fera' Aussitôt qu'à Paris tou père arrivera.

LB COHTB.

Mon père, dites-vous? Il ne faut point l'attendre; Jamais en ce pays il ne pourra se rendre i La goutte le retient au lit depuis six mois.

LUETTE,* put.

Mon frère, en vérité' , ment fort bien quelquefois.

LE COMTE

Mais nous irons le voir après le mariage.

Avec bien du plaisir je ferai le voyage.

Les personnages peéckuunts, LYC ANDRE.

le comte , i part Ah Ile voici lui-même. O Ciel! quel incident!

LISIMON, t LTCudre.

Que voulez-vous? Parbleu! c'est monsieur llnten-

LTCA1WRB, lu Comte. [dant.

Je viens savoir, mon Gis....

YALEBS et ISABELLE.

Sonfilsl

LISIMON.

Vous m'aviez donc trompé ? Répondez , moa cher

LE COMTE. ■ Ly araire, [comte.

Eh quoi ! dans cet état osez-vous vous montrer t

LTCAUDBE.

Superbe, mon aspect ne peut que t "honorer. Mon arrivée ici t 'alarme et t'importune ; [ ne. Mais apprends que mes droits vont devant ta fortu- Rends-leur nommage, ingrat! par un plus tendre le cohtb. [accueil.

Ehlle puis-je au moment?...

LISIMON.

Baron de Montorgueil , C'est donc là ce superbe et brillant équipage Dont tu faisois tantôt un si bel étalage ?

LYC ANDRE , a Liilmon.

L'état ou je parois , et sa confusion, D'un excessif orgueil sont la punition.

( lu Comte. )

Je la lui réservois. Je bénis ma misère, - Puisqu'elle t'humilie, et qu'elle venge un père. Ah ! bien loin de rougir , adoucis mes malheurs. Parle; reconnois-moi.

ISABELLE, a Luette.

Vous voilà tout en pleurs , Lisette !

LISETTE, a Uibnlle.

Vous allez en apprendre la cause.

LïCANDRE. ui Comte.

Je vois qu'à tou penchant ta vanité s'oppose; Mais je veux la dompter. Redoute mon courroux , Ma malédiction, ou tombe à mes genoux.

LB COMTE

Je ne puis résister à ce ton respectable.

Eh bien ! vous le voulez ; rendez-moi méprisable,

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