‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 1016 sur 1244 · LE GLORIEUX, ACTE Y, SCÈNE YI · texte numérisé non relu

LE GLORIEUX, ACTE Y, SCÈNE YI

Jouissez du plaisir de me voir si confus. Mon cœur , tout fier qu'il est , ne vous méconnott Oui , je suis votre fils, et vous êtes mon père. [plus. Rendez votre tendresse à ce retour sincère.

( 0 te met un genou de Lycudre. ) Il me coûte assez cher , pour avoir mérité D'éprouver désormais toute votre bonté.

LtSINON.lLrcindre.

lia, ma foi, raison. Par ce qu'il vient de faire, Je jurerais, morbleu ! que vous êtes son père.

LTCANDRB. retere le Comte , et l'embrase. En sondant votre cœur, j'ai frémi, j'ai tremblé. Mais , malgré votre orgueil , la nature a parlé. Qu'en ce moment pour moi ce triomphe a decharmesl Je dois donc maintenant terminer vos alarmes , Oublier vos écarts qui sont assez punis. Mon fils , rassurez- vous. Nos malheurs .sont finis. Le Ciel , enfin pour nous devenu plus propice , A de mes ennemis confondu la malice.

Notre auguste monarque, instruit de mes malheurs, Et des noirs attentats de mes persécuteurs , Vient, par un juste arrêt, de finir ma misère. Il me rend mon bonneuttà vous il rend un père [rang; Rétabli dans ses droits, dans ses biens, dans son Enfin dans tout l'éclat qui doit suivre mon sang. J'en reçois la nouvelle ; et ma joie eat extrême De pouvoir à présent vous l'annoncer moi-même.

Il COMTE.

Qu'entends-je ? Juste Ciel ! Fortune , ta faveur Au mérite, aux vertus, égale le bonheur; Oui-, tu me rends mes biens, mou rang et ma nais- Etj'en ai désormais la pleine jouissance, [sauce,

LYCANDBB.

Devenez plus modeste , en devenant heureux.

li sinon.

C'est bien dit. Je vous fais compliment à tous deux. Je n'ai pas attendu ce que je viens d'apprendre Pour choisir votre fils en qualité de gendre, f Parce qu'à l'orgueil près , il est joli garçon. Voici notre contrat, signez-le sans façon.

LYCÂUDRB.

Quoique notre fortune ait bien changé de face , De vos bontés pour lui je dois vous rendre grâce ; Et , pour m'en acquitter encor plus dignement , Je prétends avec vous m 'allier doublement.

LIBIHOK.

LYCAJVBRB.

Pour votre fus , je von

VAI±RS, iLteUe.

L'honneur est grand pour ma famille.

Très-agréablement vous me voyez surpris.

J'accepte le projet. Mais est-elle à Paris , Votre fille?

LTCAHDBE.

Sans doute. Approchez- vous , Constance; Et recevez l'époux...

LIBIHOK.

Vous vous moquez, je penser C'est Lisette.

LTCÀUDRE.

Ce nom a causé votre erreur.

Venez, ma fille; Comte, embrassez votre sœur.

LISIKOH.

Sa sœur femme de chambre l *

LTCANDRB, lu Comte.

Une telle aventure Des jeux de la fortune est une preuve sure. Grâce au Ciel , votre sœur est digne de son sang. Sa vertu, plus que moi, la remet dans son rang.

YALÈHB.

Quel heureux dénouaient ! Je vais mourir de joie.

ISABELLE, 1 LitMle.

Je prends part au bonheur que le Ciel vous envoie.

LISETTE, in -Comte.

En me reconnoissant , confirmez mon bonheur.

LB COMTE

Je m'en fais un plaisir, je m'en fais un honneur.

LISIMON.iL joindre.

Et moi, de mon côté , je veux que ma famille Puisse donner un rang sortable à votre fille : Car avec de l'argent on acquiert de l'éclat ; Et je suis en marché d'un très-beau marquisat , Dont je veux que mon fils décore sa future. Dès ce soir, monsieur Josse, il faudra le conclure. Allez voir le vendeur ; et que demain mon fils Ne se réveille point sans se trouver marquis.

È tes-vous satisfait ?

LB COMTE

On ne peut davantage.

Je suis perdu.

Bon. Nous allons donc faire un double mariage.

ISABELLE, m Comte.

Mon coeur parle pour vous; mais je crains vos haui.e comte. [teurs.

L'amour prendra le soin d'assortir nos humeurs. Comptes «nr ion pouvoir; que Iiut-ll pour voua plaint Vos goûts , vos sentiments, feront mon caractère.

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LYCAKDKR.

lion fils est glorieux ; mais il a le cœur boa : Cela répare tout.

UHNOa.

Oui , vous avez raison; Et , s'il reste entiché d'un peu de vaine gloire , Avec tant de mérite on peut s'en faire accroire.

LE COXTl.

Non : je n'aspire pins qu'à triompher de nui ; Ou respect , de l'amour, je veux suivre la loi. [cit.. 11b m'ont ouvert le» yeux ; qu'ils m'aident a me vain- I) faut se faireaimer; on vient de m'en convaincre; Et je sens que la gloire et la présomption N'attirent que la haine et l'indignation.

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