‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 1017 sur 1244 · L'HONNÊTE FRIPONNE · texte numérisé non relu

L'HONNÊTE FRIPONNE

COMÉDIE EN CINQ ACTES, ET EN VERS

BEPHS5BIÏTKK , VOLE LA PlBJUfclJI FOU, LB 33 >UHS 1Ï53.

PREFACE

L'Ann et le

Molière l'est emparé dp premier : non-tetueuiHut c'éloit Ie plue Cacao et le-plu briHint, maria Plautn lui m avoit IbnniHe »uj*t , et le» trait» le» pta» ilf» el le» pin» comique». Il est fret que Molière ■ tronTé l'art d'enrichir m iDitHre ; je pub ajouter même qu'il a tnrpeaaé mmi modèle dan» ton Avare et dam ion Ampkytrion : mai» en- Do c'étaient toujoun des imitation»; et tant le monde contiendra sani peine qu'il eat bien plu abé de perlée- Donner que d'intenter, surtout quand un grand bomnw polit l'outrage d'un grand homme.

Pour ce qnl me concerne M , le cai eat tout différent : je n'ai tranllé anr aucun modèle : j'ai lait choix de mon mjet , j'en ai forme ta plan, eU'eat la nature qui me l'a fourni : maie j'ai trouvé daoa l'exécution de» dilDcnlléa presque i mormon table» : o'eat ce que me» lecteur» ob- •erreront facilement, j'iti font réflexion que le caractère du Dissipateur n'eet pas un de ce» caractère» motatnta- %ét qnl peinent produire tout leur effet dana l'espace de Tingt-qnatre heure», et même pendant le «eol tempe de la repréaentatlon.qoi ratât pour établir le* prindpaui tratti de l'atariot, et pour en tirer tona les BTéueraenta qui peinent rendre une action oonaplèie.

0 n'en est pas de même d'an dissipateur; car antre que «ou caractère et t moina ridicule , et par conséquent inoiiaririble, il lui faut bien plu de tempa pour ae développer : ta» actiona Tentent de» iuterralle». Quelque prodigne que pubae être un nomme. Il ne parvient paa tout d'un eonp a n raine totale , qui eat le aenl érénement par ou l'on pubae finir aon hbloire et acheter aon portrait. Or, comment accorder ka règles du théâtre aiec un pareil antltrer lotoer un homme pnhwmmenl

riebe, <i»u» l'espace deTiaçi-qnatt-i haoraa, e'aet rapre» •entar nue action qpi do peut autre être Traie, et qui certainement s'ait paa TrabemblaUe. Il ne me reetott dose aucun expédient pour me tirer do rembarrai où je me trarrob, que de faire paro! Ire d'abord dm héroa prêta toanbee dîne le préoipioe qu'il ne Toit point, parce ojae mi pualoni et Ma laua amia Le lui cachent depuia long-temps i uab il us me «oJHtgU paa de le représenter dan» nue abuatiao il pérslleusej il lallott faire ooouoltre au spectateur le» rabioM et le» ioeideola qui rpinloU canaée: je ne pooroi» In mettre ea action, puisque le tempe ne me le permettait paa; et oo n'eet qne par du redis qne j'ai rempli mon sujet. Mais on Toit abdmeat, par cet deuil», combien il eat inférieur « celui da l'Arare: qne, pour l'égayer et le rendre plu iuléreaMnt, je n'ai pu me dlspenter de meure eu. «ravi* ton» ha oaraelère» épisodique» qu'il amenait Débeeaajraoaent i aa mile , el qu'il ne m'a pu été possible de me reafortuac

païen

ilduia lae Plante, qui, ^u cet endroit, eat bieautaértenr i Térence , lelon le jugement des meilleur» cri- Ce qui me pareil le plu heureusement Imaginé dau» ni» comédie du Dissipateur, c'est le caractère detiienTe. J'aToue qu'il cause quelque répugnance an premier aspect, et qu'il paraît d'abord bleaaer la délicatesse de» apectateun; mal* j'oie dire qu'un peu de réflexion a bientôt guéri leur» scrupule» : car etrflu n'est-il paa facile d'obserrer que j'ai l'attention pendant tona le* aotea, et par différent» moyen», de faire cnlrefolr, et même •»pérer qu'enfin ou tare, content de Julie ( U n'eet point de ipectaleur ou de lealaw maea pan délié pocr. ne aa»

sentir que le caractère apparent de cette rente n*e*t qu'on caractère dégnisé par la prudence et par la tendresse, et que cette faune apparence, ijul tait le nœud de la pièce, en produisant des événement* singulier! et intéressant», met le dissipateur a portée d'étaler mu caractère , et le pousse plus rapidement à M catastrophe. Eo effet, le» prudente* manœuvres de Julie amènent un dénoncent d'autant plm heureux qu'il salUlait les désirs des spectateur* en ouvrant le* yens, d'un jeune homme aimable , que d'indignes flatteurs «voient aveuglé , et en le retirant du précipice affreux où de faux omis l'a voient fait tomber.

Au reste, il m'eût éti! trts- facile de donner a cette Tenta e tout différent , et d'en faire une bérolae | rendant aussi généreuse qu'elle semble intéressée: mais outre que ces caractères romanesques, une quelques auteurs comiques nous étalent aujomd'bui, ne sont point du ressort ni du Ion de la comédie, qui ne veut rien que de simple et de naturel , je sens , el l'on dnit sentir comme moi, que plus je pie serof* écarté du. irai pour le* imiter , plus je me serais éloigné du but que ja me propose , qui est de représenter le inonde tel qu'il est i et non pas tel qu'il devrait élre. Si j 'trois touli quitter le brodequin pour chausser le cothurne , j'aurais dâ faire du Dissipateur un nomme nou moins généreux que magnifique; mais l'aurois-je copié d'après nature f Non, très- assurément. Le* prodigues ne le sont pat par Tértu; ils n'ont que le* dehorade la générosité; Ils veulent que satisfaire leurs passions ou leor vanité. Tout ce qui ne tend pas a l'on de ces deux objet* ne fait cane impression sur eut. Donner pour le seul plaisir de donner est un cuanm qui :ne las touche poful;iUne •ont prodigues une pour le* flatteurs , ou que pour le* uiisssdrta de leur* plaisirs r an Ben qu'où homme irai ment généreux soumet son humeur bleu faisante et libérale lut justice, a la prudence et à la raison ; il n'a point d'autre Intérêt que celui de bled faire, et II n'est jamais pi us content de lut-mémà que lorsqu'il peut déterrer le mérite iiiiilfent, et nOD-seWemeat soulager, mai* préteulr sesbesoInliYelre est la différence essentielle entre la prodigalité et la générosité; et c'est ée que je me mis efforcé de faire sentir dtos le caractère dn Dbaipatenr : il talloit le copier , et- non pa* l'imaginer. J'ai toujours l'homme demi me» veux , et faims mieux le peindre que de Te larder. Peindre é*t l'objet de la comédie : si tes figure* qu'elle représente loi spectateurs ne sont pa* parfaite- BMnt rassemblantes , le plus riche coloris ne saurait empecherqne le* comtotsseurs ne les trouvent mauraises.

PERSONNAGES

JTJUB, Jaune veuve,

CIDALISE , jeune coquette . rivale de Julie.

ARSINOK , \

AKAMIKTE, [ unies de Cléon.

LE BARON , père de Jatte.

GÉROrlTE, oncle de Cléon.

LB MARQUIS, fil» du Baron.

LE COMTE, ami et confident de C FLORIHON, autre ami de Cléon.

CARTON , aussi aml.de Cléon.

Pàbquin, valet de Cléon.

PtDf 11011 COU VITES DE CUoa.

cUon.i

st dans la maison de Cléoa.

Page 1