CLÉON, LE COMTE, FINETTE, PASQLÏIN
CLEON . t PhouIb qui le mil.
Qu'on <kh» de ma part à mon maître d'hôtel - Que je ne trouve plus ma dépense ««set forte ; Que cela déshonore un homme de ma sorte ; Que le ménage ici ne convient nullement.
LE COHTE.
Il est vrai.
CLÉON. à Païquic. .
Parlez-lui très- sérieusement.
Je prétends que chez moi tout soit en abondance.
LB COMm, « Piu.iuin.
A quoi sert le bon goût sans la magnificence ? On lui fait mal sa cour en épargnant son bien. -
CLÉON
Oui, pour me faire honneur, jene plains jamais rien; Et mon puis grand plaisir est d'exciter l'envie.
LE COHTB.
Rien n'est si bas , si vil , qn*un air d'économie. Si cet nomme s'en pique, il se fera chasser.
CLÉON
C'est à moi de fournir, à lui de dépenser.
pasqutn. ' H ne mérite point cette mercuriale ; Car il prodigue tout, et sans cesse il régale.
, LEMHTK'.
Tant mieux. . >
PABQCÏN.
Compter de plus qu'il en prend bien sa part. Il est gros comme un mufti; toUBU spnt gras à lard. A tous venants beau jeu. Votre seule desserte Nous met tous en état de tenir table ouverte. Chacun a sa chacune; et, dès le point du jour, Nos amis et les leurs nous aident tour & tour ; Et je puis tous jurer qu'à tous mettre en dépense Chacun ici, monsieur, travaille en conscience.
CLEON . prenant du Ubic.
Cela me tait plaisir ; mais je vois cependant Qu'on se relâche un peu.
PASQtm.
C'est monsieur l'intendant Qu'il en faut accuser. H dit que les ronds baissent , Et que vous maigrissez, quand les autres s'engrais- II crie à tous moments ; ses lamentations [sent. Nous causent jour et nuit des indigestions; Car, pour bien digérer, il faut être tranquille, Et ce vilain censeur nous échauffe la bile.
■CLiioN, an Comte.
Défaites-moi , mon chéri de ce malheureux-là.
Fiez-vous-en à moi , je travaille à cela. Mais il me faut du temps ; car je veux faire en sorte Qu'il rende gorge avant que de passer la porte. Cest un maître fripon qui. fait le ménager Pour couvrir ses larcins.
ciic-if.
Vous m'y faites songer.
Toile est de «es pareils la manœuvre ordinaire. . Je ne sols -point compter ; je hais la moindre affaire : Pour vaquer au plaisir, je lui livre mon bien , Dont îi fait ce qu'il veut , et peut-être le sien ; Et, fier de ma paresse et démon ignorance, Pour mieux faire sa main , il rogne ma dépense. Oh ! parbleu , nous verrons.
PÂtQDTjr.
Hais il manque d'argent.
clé on.
Qu'il vende deux contrats qui lui restent.
FASQUIff.
L'agent Dont iLee sert toujours pour ce petit négoce. Dit qu'ils perdent moitié.
" • CLEON
Qu'importe ? Mon carrosse Est-il prit?
pabquin.
Oui, monsieur. Mais plusieurs créanciers De fort mauvaise humeur, et de tous les métiers , Vous attendent là-bas pour avoir audience.
(XEON, mooUra.
Moi , de les écouter J'aurois la patience!
Qu'on me chasse d'ici cette canaille-la.
FAflQfnn.
Je vais les enivrer; je ne sais que cela Pour les endormir.
oufon.
Soit , pourvu qu'on m'en délivre.
pasqcin.
Cet auteur si fameux vous apporte son livre , Et voudroit vous l'offrir.
CLEON
II peut s'en retourner.
A ces sortes de gens je n'ai rien à donner : lia me cherchent partout , partout je les évite.
PASQDÏN , 1 put.
Il prodigue aux fripons , et refuse au mérite.
clêon, i Puante.
Va-t'en. C'est toi, Finette?
FINETTE . d'nn irir trille.
Eh ! vraiment oui, c'est moi.
CLÉVlN, en rUnl.
Qu'as-tu donc ?
finette , la ïenï btbtit.
Rien, monsieur.
CLEON
Tu soupires , je crois ?
FINETTE, pontantnn grnwnpJr.
Il est vrai.
CLEO».
Quel sujet t'Inspire la tristesse?
FINETTE
Je m'afflige, monsieur, pour ma pauvre Elle est au désespoir.
CLEON
Et par quelle raison ?
Non,
Je ne puis vous la dire.
CLEON
Oh! je la s
FINETTE
Cela m'est défendu.
CLÉON. d'au air Hché.
Quoi! pour moi du mystère?
Cela me pique au moins.
FINETTE
Je n'y saurais que faire.
Mais on me chasseroit....
CLEO».
Tiens, prends en diamant.
Vous me perdez, monsieur.