LA FAUSSE AGNES, ACTE III, SCENE XII
e voilà
LA PKÉ8IDSBTB.
Pour moi, je suis si saisie d'étonnement , que peu s'en faut que Je ne m'évanouisse encore.
IB PUSDtBHT.
le voua minai de prêt, ma chère épouse, car j'avoue que je suis si frappé, que je ne me possède plus.
ANGÉLIQUE
Peu de chose vous étonne, à ee que je vois.... Hais si je vous disois....
Ma belle demoiselle, passons sur ces matières sublimes, et dites-nous tout simplemeu t.. .
ANGELIQUE
Que voulez-vous que je vous dise? Me laisseraije juger par des gens qui n'ont point de logique, qui ne peuvent faire la distinction des idées réelles et chimériques, des idées complètes et incomplètes '., des vraies et des busses idées , de la liaison des idées?
le piiswnra. . ■
Ayez la bonté de considérer....
AHftÉIIQUK.
■ Oui, je le veux bien ; considérons d'abord ce que c'est que l'esprit : cela pourra bous conduire à des raisonnements justes sur la mémoire, sur le. jugement et sur la raison. Ensuite nous nous convaincrons par des applications judicieuses, et par des exemples célèbres , que Ire uns ont beaucoup de mémoire, et n'ont point de jugement ; que les autres ont du jugement, et n'Ont point de mémoire; et qu'une troisième espèce , très-commune de nos jours, brille infiniment par Pesprit, sans avoir une once de raison ai de jugement. Je comtois des auteurs trre-faneux qui sont de cette espèce, et qui le prouvent tous les jours par leurs ouvrages , et encore mieux par leurs actions.
U-PXBStDIHT.
H ne s'agit pas-...
ANGÉLIQUE
Je vous récuse peur mes juges , a moins que vous n'entriez dans tous ces détails.
li ntBsiDiirr.
Ils ne sont point nécessaires pour le fait dont il est question ; et je prononce , sans aller aux voix, que vous avez infiniment d'esprit, et que vous files très-savante.