‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 1166 sur 1244 · K* PIEUX · texte numérisé non relu

K* PIEUX

Pardié! c'est bien pensé. Vous êtes nomme de

tête , monsieur de la Ramée, et vous avez justement

trouvé le moyen de gagner l'amitié du Revenant :

je veux aussi être de ses amis. Allons , a sa santé ;

messieurs, je vous la porte.

{ Il> *d lèvent tooi irolt . re découvrent , et et. Uratnt en

poitnre de aeni oui boivent une estai avec haeaioua de

reraeeL)

L* «Aiefe, le verra à 11 nut*.

Esprit qui nous lutines depuis quinze jours , et qui te plais i nous faire mourir de peur , nous te conjurons , mes camarades et moi , de nous laisser manger , boire et dormir en repos; et nous te promettons, foi de gens d'honneur, de nous enivrer régulièrement tous les jours , en buvant à ta santé,

TOUS TXOIS KBIIHBLB.

A ta santé.

( Apret in* bu , Bs " oorrM staaaalf ent )

at* PIUU.

Tout cela est bel et bon. Je suis nocher, et je

défie aucun de mes confrères d'aimer le vin plus

que je l'aime. Mais, mordié! je me lasse de boire À

ta santé du diable.' Je veux demander mon congé i

Madame. J'ai toujours servi des gens d'honneur, et je ne prétends pas perdre ma réputation, en servant dans un château où reviennent des Esprits.

LA RAMÉE, borint.

Ha foi , maître Pierre , je suis de votre avis. J'ai envie aussi de me retirer, et de me faire cabaretier dans le village ; je m'enrichirai a traiter et a loger tous ceux qui viennent dans ce château pour entendre l'Esprit.

W NICOLAS

Si vous sortez tous deux , je vous suivrai , et j'épouserai tout de go la fille du gros Colas, qui aura trois bons quartiers de terre en mariage : je vivrai doucement avec elle. Ce n'est pas que Madame ne soit ane bonne maîtresse; mais, morguél tout franc , madame Catau la gâte. Allons , à sa santé, néanmoins.

LA RAMBB, »pr*J tvelr bu.

C'est une terrible peine que d'être sommelier dans

une maison où il revient un Esprit : celui-ci £ait un

si grand tintamarre- dans ma cave, que j'af peur

que cela né fasse tourner tout notre vin.

II» pierhe, m Tsratnt une ruade.

Voilà pourquoi il faut nous dépêcher de le boire. Le diable d'Esprit a faut rabâté sur les tuiles, que j'ai cru que l'écurie me tomberait sur la tête. Croiriez-vous bien que je n'aurais jamais eu le courage d'aller au grenier quérir du foin , si la cuisinière n'y fut pas venue avec moi? . .

Vrai, comme je suis chrétien, je l'ai entendu cette, nuit grimper comme un chat tout le long des rideau de mon lit. Comment se peut-il faire, maître Pierre, qu'il ait entré dans machambre? car j'avois bien Terme la porte et les fenêtres.

M* PIERBK.

Abl perdié ! il se moque bien de ça 1 s'il trouve la porte fermée , il se glisse par le trou de la wrru re.

Notre pauvre maîtresse est dansée grandes frayeurs ; «Se croît que le Revenant est l'Esprit de son mari, qni a été tué » la dernière campagne de Flandre.

lABAfeUÎl.

Elle a raison , mjdtre Pierre : ce ne peut être que monsieur le Baron sui revienne; il a toujours aimé la guerre. Voua, souveoes-vom que quand il étott petit, il n'y a*oh peint d'instrument qui lui fit tant de plaisir que le tambour?

' H* NICOLAS

Hais je m'étonne qu'on n'ait jamais pu trouver NU 'corps, sur le champ de bataille.

> LA'SAirtB.

Et comment l'an rott-on trrravé, nlgaorj? n'ett-fl pas fcf, dans le cMtéan?Crois-tn qu'il put battre

le Mmbomr, comme il fait toutes les nuits, s*» n'avoit pas gardé ses bras et ses mains? ai* mm.

Honsieur de la Ramée a raison. Notre maître revient eu corps et eu âme. Tenez, je crois l'avoir vu hier au soir dans mon grenier, qui faisoit des caracoles sur un tas de foin.

Et quelle figure avoit-il?

s* nnu.

La figure d'un cheval blanc.

LA BAHEE.

D'un cheval blanc! Oh: c'est notre maître, assurément.

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