LA BARON, LA BARONNE. LE MARQUIS
LB BAB0N, 1 part.
Le plaisir de la revoir me met hors de mot, et je répandrois des larmes de joie , si je n'étois pas indigne de trouver cet impertinent auprès d'elle.
LA BABONNE , au Mirqub.
Il se promène , il nous regarde, il parte entreses dents , 11 ne nous dit mot ; abordez-le » monsieur le Marquis , vous qui êtes accoutumé à converser avec les savants.
LB MARQUIS
Bonhomme, approche-toi. Encore; encore. On dit que tu es profond dans l'astrologie. Il faut voir cela ; te voici devant un homme qui jugera bientôt detacapactlé. Que sifs-tu?
Je sais que vous ne savez rien.
. LA BARONNB. au Marqofg.
Que dites-vous de ûe- début? Il me réjouit,. Ha, ha, ha, ha!
LE MABQOIS,
Patience , rira bien qui rira le dernier. Parbleu j voilà une figure bien hétéroclite. Mon doux ami , tu n'as point l'air d'un habitant de ce monde, et Je gage qu'il n'y a pas long-temps que tu es descendu de la lune. Sans doute que tu as parcouru tontes les planètes. Quelles nouvelles dit-on dans le zodiaque?
LB BABON.
Des nouvelles qui doivent effrayer an faux brave. Mars vient d'entrer dans sa maison , et va bientôt ^y montrer dans son plus pompeux appareil.
LB marquis.
-EzpHqoe-moi ee galimatias, père barbe-grise.
Ll BABON.
L'entrée de Mars dans sa maison signifie que ce château va bientôt avoir un mettre , devant qui les petits-martres disparoltront .
LE MARQUIS
Il n'est pas si ignorant que je le croyois. L'entendez-vous , ma belle veuve? Selon lui , tous les astres prédisant que je serai bientôt votre mari * et que je ferai disparaître tous mes rivaun.
la iaiohhb.
Les autres pourraient bien avoir pris le change. Hais apparemment que tous n'interprétez pas bien leurs prédictions.
LI MABQUIS.
Je ne les interprète pas bien ? Vous allei voir. Dis-moi un peu, vieux sorcier, ce Mars si terrible dont tu viens de nous annoncer l'entrée, ne ressemble-t-il pas à un jeune seigneur.... hé! là.... que l'on appelle le marquis du Tour.
LE BARON
Il ne lui ressemble pas plus.... que tous ne me ressemblez.
la baaohke.
Je vous le disois bien , que vous n'entendiez pas le langage des astres.
LE BABOH.
Mais , en revanche , Vénus ressemble tont-à-fait à Madame.
Voue voyez que les astrologues ont de la poli-
LS HABOBI8.
Docteur, un petit mot a l'écart. Ces deux planètes, que tu vois ici , seront bientôt en conjonction. J'ai lu cela dans les astres, moi qui te parle.
LE BABOH , à part.
Maugrebleu de l'impertinent! il me met en fureur, et peu s'en faut que je n'éclate. ( n«it. ) Madame, j'ai ouï dire qu'on entendoit toutes les nuits un grand bruit dans ce château.
LA BARONSE.
On vous a dit Vrai ; et l'on m'a dit aussi que tous vous vantiez de le faire cesser. J'avoue que cela m'a donné un grand empressement de vous voir; je ne m'en repens point; et, sans vouloir vous flatter, je trouve que votre aspect inspire de la vénération pour votre personne, et de la confiance en votre art Je crois qu'il y a long-temps que vous le pratiquez; car vous avez l'air d'être bien vieux.
LE BABOS.
Mon air vous trompe. Quel âge me donneriezvous bien?
LE MARQUIS
Parbleu 1 je te croie au moins le frère cadet de Mathuselem. En conscience , n es-tu pas né quelques mois avant le déluge?
LA BAKORNB.
Monsieur le Marquis fait le plaisant; mais, pat» mot , je vous parle sérieusement. Je vous donnerait trais siècles ; et je rats persuadée que vous
avez des enfants de vos petita-enfanU qui ont h barbe aussi longue que la vôtre.
LB BABOH.
Ha, ha, ha, bal La mine est bien trompeuse, ma belle dame, et je vous conseille de ne juger jamais par là. Tel que vous me voyez, je n'ai eu que trente ans le dernier jour d'avril. Mais l'étude des sciences occultes a cela de particulier, qu'eut fait croître la barbe i vue d'oeil.
LA BABOHHE.
Vous êtes bien heureux , monsieur le Marquû , de n'avoir pas donné dans les sciences acculte*.
LE BABOH.
Oh 1 je vous promets que l'étude ne lui fera jsmaia croître la barbé.
LB M ÀHQUIS.
Tu crois donc, vieux bouquin, que je ne suis qu'un ignorant, parce que je n'ai pas le menton aussi touffu eue le tien? Apprends de moi, riesx Nostradamus, que la science ne se mesure pas lit barbe. Tu jugerais mieux de moi , si tu te coonoi* sois en physionomie ; nuis je vois que tu n'y ntends rien.
LI BABOH.
Je vais tous prouver le contraire. Avec votre permission, madame, que je lui dise un mot m particulier.
LA BABOHNB . n UïtoI k r écart.
Oh! volontiers.
LB KABQUTS.
Eh bien ! quel est le grand mystère que ta vas m' apprendre?
LE BABOH.
Le voici ; mais jurez-moi que vous ne te renierez point.
LE MARQUIS
Je t'en donne ma parole d'honneur.
LE BABOH.
Eh bien donc! selon toutes les règles de la physionomie , vous êtes un fat. Que cela soit un semt entre nous.
LB XABQTJIS.
Tu me paieras cette impertinence.
• ' LÀ BABQS'NE.
Oh! je vous prie, Marquis, confiez-moi ce qu'il vous a dit à l'oreille.
LE HABQDIS.
Ce n'est qu'un petit compliment qu'il m'a tait sur les traits de mon visage : il ne me siérait pu de tous le répéter.
laphyaiomswe ce on
PouTaz-Tous prédire pt doit arriver