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LE TAMBOUR NOCTURNE, ACTE III, SCÈNE X

que Tons vous moquez de moi. Voua êtes si cauteleux , ai rusés , tous autres hommes ! tous aimez a vous divertir de. la simplicité de notre sexe, et à flatter de pauvres innocentes qui ont la foi blesse de vous croire.

H. PINCÉ-

Je veux vous montrer une petite bagatelle, dont j'aurois grande envie de vous faire présent, si vous la jugiez digne d'être acceptée..

M"* CATAD.

Oui , monsieur Pincé est la politesse même.

H. PINCÉ

C'est une bagatelle, vous dis-je, qui ne mérite pas de vous être présentée; mais....

H"* CATAU

Oh! je voua prie, ne me tenez pas plus longtemps en suspens.

C'est nn petit dé d'argent.

M™ CATAU

Je l'ai toujours bien dit, qu'il n'y avoit point d'amant plus généreux, ni plus magnifique que vous. Donnez.

M. pmcm.

Avec votre permission, que je le mette moimême à votre doigt.

M"» CATAU

C'est U le comble de la politesse.

H. PINCÉ

Ah ! le joli petit mignon de doigt ! il faut que je prenne la liberté de le baiser.

m» cataii , IMgnint de ririater.

Fî donc ! fl donc I arrêtez-vous , monsieur Pincé. Tous me jetez dans un désordre , dans une contusion I...

H. l'INCB.

Ce doigtrlà n'est pas le doigt de la paresse; il porte les glorieuses blessures de l'aiguille.

Ah! ne serrez pas si fort. Je vons prie, rendezmoi mon doigt.

M. FISCS.

Ce doigt du milieu, madame Catau, a un joli voisin; je croîs qu'une bague nuptiale lui siéroit bien.

M"" CATAU

Que vous êtes badin ! Je crois , comme vous, que la bague dont vous parles ue le défigureroit point. (Bu «oiipiranL) Mais où la trouver?

■. PINCE

Puisqu'il faut parler catégoriquement, madame Catau, le dé que je voua donne n'est que le précurseur de la bague nuptiale que je vous destine. Je m'imagine que le dé et la bague figureront en-

semble a merveille : ils formeront un double emblème. Le dé vous fera souvenir qu'il faut que vous soyez une bonne ménagère ; et la bague, qu'il faut que vqus soyez une bonne femme.

M" CATAU

Oui, oui, rien; moquez-vous de moi.

H. PINCÉ

Sur ma fol , je vous parle sérieusement.

M™1 CATAU

Sérieusement 1 Et je croyois que vous m'aviez oubliée.

u. P1NCÎ.

Moi! j'oublierois plutôt la table de multiplication.

M"" CATAU

Je puis me vanter que j'ai toujours pris votre parti devant Madame.

M. PINCB.

Je le sais , et cela est écrit aussi dans mes registres.

<•• CATAU , dim lir rngéon et emburMé.

Car j'ai toujours considéré vos intérêts... comme tes miens propres.

». PINCE

Il n'y a que vos rigueurs qui puissent empêcher... qu'ils ne deviennent communs.

H» catau. k part.

Cela est fort Battons le fer pendant qu'il est chaud. (mm.) En vérité, monsieur Pincé, il n'y a pas moyen de vous être cruelle : vous avez un style persuasif, des manières insinuantes, un ton enchanteur.... Pour moi , je n'ai pas la force d'y tenir.

H. PINCÉ , m levant me transport.

Comment dites-vous cela? Répétez, je vous en

Je vois bien que j'en ai trop dit ; mais je ne m'en repens pas , puisque je vous aime. m. PINCÉ.

Ah ! je suis enchanté,

»*■ CATAU

Non , je ne puis plus vous cacher la passion que j'ai pour vous.

H. PINCB.

Je suis ravi, transporté, extasié. Vous êtes la somme totale de mon bonheur. J'en perdrai l'esprit. Le respect ne peut plus me retenir. 11 faut... que je boive rasade à votre santé. Mais que votre maltresse se dépêche donc de prendre un mari ; sans quoi nous lui donnerons un petit intendant avant qu'elle se soit fait un héritier. Dites-moi, mon bel ange, n'est-elle pas résolue d'épouser le Marquis?

M™ CATAU

Elle, l'épouser, mcn cœur! Dieu nous engardel Non, non; j'ai un meilleur parti pour elle.

M. PINCÉ

Mais , ma princesse, est-ce que ce tambour qui nous effraie toutes les nuits ne lui fait pas perdre le dessein de se remarier ?

uat CATAU.

Chut ! si nous savons bien tirer profit de ce tambour, il nous vaudra mille écus tout au moins.

H. PIKCÉ.

Et comment cela , mon cher cœur ?

M™" CATAU

Puisque nous sommes présentement mari et femme.... je yeux dire comme mari et femme, mon devoir m'obligea ne vous riencacher.

H. pincé. ,

Vous avez raison, m'amour. Vous et moi nous ne faisons plus qu'un. Ainsi, biens, personnes, secrets , tout doit être commun entre nous.

- M1" CATAU

Je vais vous révéler le mystère. Hais j'entends du bruit. Quelqu'un peut nous écouter ici. Venez avec moi sous le berceau , et je satisferai votre curiosité.

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