I.B BABON
Pouvons-nous parler ici en sûreté ?
H. PINCÉ
Oui, monsieur, car l'Esprit n'est pas dans sa niche ; il en est sorti par l'issue de derrière , pour aller battre le tambour dans la cave , et dans plusieurs souterrains du château qui y aboutissent : il lui faut au moins uu quart d'heure pour faire sa tournée, et il se fera entendre ici à son retour.
LE BABON.
Autant que j'en puis juger, monsieur Pincé, il n'y a rien de répréhenslble dans la conduite de ma femme; cependant il me reste de certains doutes, de petits scrupules très-facheux pour un homme qui aime aussi délicatement que moi. Je
veux profiter de mon déguisement et de l'erreur ou elle est pour m'éclaircir à fond ; et il est de son intérêt comme du mien , que je ne me découvre a elle qu'après que je me aérai satisfait. Comment se porte-t-elle depuis son évanouissement?
M. PINCÉ
J'ai lu quelque part dans un bon auteur, qu'il faut qu'une veuve....
LE BABON.
Je vous demande des nouvelles de ma femme , et non point de cet auteur-là. Encore une fois, comment se porte-t-elle? car j'en suis fort en peine.