LE BARON, LA BARONNE, M. PINCÉ, M"* CATAU
LA BARONNE
Où est-il, où est-il? que j'aille me jeter entre ses bras. Ah! le voici lui-même. Quel bonheur de vous revoir! Est-il possible que je vous possède encore? Est-ce bien vous? J'ai peine à croire mes yeux. Je suis si charmée, si transportée , que je ne puis exprimer me joie.
Oui , je respire encore pour vous estimer, pour
vous chérir, et pour vous aimer mille rais plus que moi-même.
m™ Catac, n retavMt prntaplwwnL Madame , ne l 'embrasses pas ; il va vous tordre le cou. C'est un revenant.
LA BABOBSB.
Que veut dire cette folle ? Pendes-tu m' abuser encore?
LB BABOH.
Non ; elle vous parle de bonne foi présentement. Elle me croit revenu de l'autre monde; et pour la châtier de sa fourberie , je me suis un peu diverti à l'effrayer. C'est l'unique vengeance que je veuille tirer d'elle.
M™ CATAU
Monsieur Pincé, ne raiile-t-il point, quand il dit qu'il n'est pas mort?
H. PINCÉ
Non, mon auge, il dit vrai par trois raisons, qui sont
LA BABOFTNE.
Comment avez-vous pu avoir la cruauté de différer si long -temps mon bonheur? Vous m'avez dérobé des moments précieux, que je regretterai toute ma vie.
LE BAH ON
Je ne vous al trompée que pour rendre notre félicité plus parfaite. Elle ne pouvoit l'être, si j'eusse conservé des soupçons ; et les apparences m'en faisoient naître. Je me suis éclaira par moi-même ; et ce qui sembloit vous accuser, n'a servi qu'à prouver votre constance. La mort même n'a pu détruire votre amour.
LA BABONHB.
Et l'absence n'a fait qu'augmenter votre tendresse. Veuille le Ciel que je puisse faire votre bonheur jusqu'au dernier instant de ma vie!
LB BABOIÏ.
Que tout se ressente ici de la joie dont je suis pénétré. Je veux célébrer ce jour comme un second mariage que nous contractons vous et mol. Que mes domestiques se réjouissent; qu'on appelle tous mes voisins, et que toutes mes caves soient ouvertes. Monsieur Pincé, vous venez de me servir avec tant d'adresse , de zélé et de succès , que je dois mettre en usage le moyen qui me semble le plus propre à vous témoigner ma reconnoissanee. Je safs que vous aimez Catau , mais qu'elle n'a pas assez de bien pour vous. Épousez-la, je lui pardonne, et je m'engage à lui donner les mille écus que mon perfide cousin lui avoit promis. Je ne veux pas qu'il y ait aujourd'hui, chez moi, une seule personne qui ah sujet de s'affliger. fil
ma UTU , njatmt à m (tun.
Ah ! mon cher maître , vous êtes toujours le même. Je prie le Ciel que voua ne mouriez plue.
LA B ABONNI .
Non-seulement je lui pardonne aussi , mais je regarde ce que vous faites pour elle comme une nouvelle marque de la tendresse dont vous m'honorez. Mm* catau, 1 H. Pincé.
Mon cœur, vous qui êtes éloquent , remerciez-les pour nous deux.
M. PIHCB, leur Uému me profonde iMw , ^n tmiaé eienehé.
Monsieur et madame , Le présent qne vous me faites «rt de deui apèces : la première, c'est une femme vertuaut: la seconde , c'est une femme dotée de votre main. Ainsi , ma reconnoissance doit éclater en don manières : en premier lien , par mon tres-humblf remerctment ; et en second lien , par tes vain qw je fais pour que vous trouviez cette nuit aussi délicieuse que la première nuit de vos noces.
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