LE DISTRAIT
COMÉDIE EN CINQ ACTES, ET EN VERS
BSPRBSENTÉe, POUR L*. PREMIÈRE FOIS, LE LUNDI 2 DECEMBRE lfl£
AVERTISSEMENT
Celte comédie a été représentée , pour la première fuit , le lundi 2 décembre 1897.
Elleaeu peu de succès dam m nouveauté, otn'u élé repréMOlée que quatre fois. L'auteur, découragé , n'a pas osé laremetlre sur la scène. Cfi u'esl qu'après sa mort (en 1751) que les comédiens hasardèrent de la reprendre. Ce tte pièce eut alon un toecta complet, auoeëg qoi aes'eitpaa démenti par la suite.
On a accusé Regnard d'avoir du la réussite de sa pièce à La Brnvère , qui , di t-oii , lut a fourni les principanx traill de ■ou premier personnage ; on ajouts qu'il o'a failaulre chose que de mettre une partie dn morceau de La Bmyère eu action , et l'antre partie en récit.
On ne noua saura jurement pas mauvais gré de rapporter ici te portrait que donne La BrujÈre dn Distrait. On terra le parti qoe Rcgnard en a tiré , et l'on appréciera le» obligations qu'il a a l'auteur qu'il a imité.
< Ménalque descend son escalier, ouire sa porte pour sortir,
■ il la referme; H a'aperoalt qu'il Bit en bonnet de nuit, etve-
• nint à mieux l'examiner, Û se trouve rasé à moitié ; It Toit
• que son épéeist mise du cétédrolt.que ses busoat rabattus
■ sur an nions, et que sa chemise est pardestua.se* chaînes.
■ S'il marche do m ks places, llsesent toutd'uncouprudemmt i lrapperàl'estomac<™au vtoge;llncsoupçonnepolntceque
■ ce peut être , fnaqn'l ce qu'ouTnut les jeui ci se réveillant,
• il se ironie, ou devant un limon de charrette,»! derrière un
■ long als de menuiserie que porte un ouvrier sur nés épaules.
■ Ou l'a tu une Tais heurter du Iront contre celui d'un aveugle,
• s'embarraeserdanssesjanibrs, et tomber avec lui, chacun de
• son coté , a la renverse. Il lu) est arrivé plusieurs fols de se i trouver tête pour tète a la rencontre d'un prince, et sur son t passage, se recoonollre 4 peine, et n'avoir que le loisir de se
< coller t un mur pour lui faire place. Il cherche, il brouille,
• il crie, U s'éChanlTe. if appelle Met valets i'im après ('attire :
■ an fut perd tout, on lui égare (oui. /( demande tet gantt i qu'il a dont tel maint ', semblable t cette femme qui pre-
< noit le temps de demander son masque lorsqu'elle lavoit sur i sonvisage.il entre a l'appartement et passe sous un lustre OÙ
< a perruque l'acerocbe et demeure suspendue ; tous les cour-
sa III, I
! Usa ni regardent et rient : Ménilque regarde injsd. et rit plus hant que les autres ; U cherebedea j/enx dans] toute rassemblée où est celui qui montre ses oreilles . et * qui 11 manque une i perruque. S'il va par la ville . après avoir hll quelque cber min. Use croit égaré; ilsémeut.etll demande où il esiàdei i passants qui lui disent précisément le nom de sa rue. U entre [ ensuite dans sa maison, d'où il *o i qu'il s'est trompé. /( descend du palais, et, il i du grand degré un carrotte qu'il prend pour le tien, il tt i rnel dedans, le cocker louche, et croit remener ton maître i dons ta maison. Ménalque te jette kart de la portion, i traverse la cour, monte l'etcatttr, parcourt l'anUekambn. ■ la chambre, te cabinet; tout Mut familier, rien su iM ett i nouveau ; il l'aaled. ilie repote, il f si eJkei sui. Le maure • arrive, celui-oi st fétu pour le recevoir, U le trou* fort rf- ' vilement, U prie de l'atteoir.eî croit faire tet honneurs de i sa chambre ; il parle, il rêve, il reprend la parole; le i mattredela maiiont'entiule et demeure étonne; Menaient i ne l'est pas moins, el ne dit pot ce qu'il eu pente ;ilea[i faire à an fâcheux , à un (somme oitifqut tt retirera à la i fin ; il t'espère , etllprenrfpatiris<ï:/aiiiii(ari-ioeo;trWHl i il peine détrompe"'. Une autre fois il rend «sites, une femme, t bientôt que c'est lui qui U reçoit , Q s établit .
< trouve emallequeceuedaroBlalt ses visites longue», il attend
■ Voici la nuuuere dont Reeusrd a imité ce morceao. On verra qu'il a enchéri sur son original , et que l'aventure qu'il raconte est plus comique el a pins de vraisemblance. C'est Carlin, valet dn Distrait, qui parle. Scène 1, MU II.
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