X. MATHIEU
C'est un fort honnête homme, fort riche, ftrt vieux , et fort goutteux.
STlsnn.
Que la peste te crève!
H. MATHTEtf.
Sa figure n'est peut-être pas des plus ragoûtantes ; mais , comme v«ns savez , entre l'utile et l'agréable, il n'y « pas à balancer.
HABTHS.
Oui , pour des ladres comme voua, qui ne connoîsscnt d'autre bonheur que celui d'amasser du bien , et de faire travailler leur argent à gros et trot-gros intérêt : mais pour une jeune personne
comme Léonor, qui cherche à passer ses jours dans le plaisir, vous trouverez bon , s'il vous plaît , vous et madame sa mère , qu'elle préfère l'agréable à l'utile ; et que «toi, de mon côté , je fasse tout mon possible pour rompre un mariage- aussi biscornu que celui-là.
Hélas 1 ma pauvre enfant , romps , casse , brise le mariage en mille pièces , je m'en soucie comme décela. Je t'aiderai même, en cas de besoin, pourvu que tu me fasses payer de mes peines un peu grassement.
■Airai,
Un peu grassement! Ehlmortdemavie, n'étesvous pas déjà assez gras ? Allez , vous devriez mourir de honte d'avoir une face qui a pour le moins deux aunes de tour. .
M. MATHIEU
Marine est toujours railleuse. Mais je ne songe pas que mon homme m'attend : il veut dernier tantôt une sérénade à sa maîtresse. Musiciens et filiesde-ehambre ont volontiers commerce ensemble; n'y en a^t-il point quelqu'un de tes ami* à. qui tu voulusses faire gagner cet argent-là ?
MABINB.
Qu'il aille au diable , avec sa sérénade! Je vais songer à lui donner l'aubade , moi.
■t. maj-hieu. ,.
Ce mariage te met de mauvaise humeur. Je voudrais bien rester plus long-temps avec toi , je ne m'y ennuie jamais.
HAHtirB.
Et moi , je m'y ennAJe toujours.
H. MATHIKU.
Adieu.