AVEC DIS DIVERTISSEMENT
BBPBBSBNTÉE, POUB LÀ FREMIR RB FOIS, LU HBHCBEDI 19 MAI 1694.
AVERTISSEMENT
Cette comédie a été représentée , pour la première foii , h) mercredi 19 mal 1694.
Nom laissons dans les Œuvre» de Regnard celle coincdie, que l'on s prétendu appartenir ep entier a Dufresny, et que nom croyons l'ouvrage des deux poètea.
Elle a été composée dans le temps que Regnard et Dufresny, lié* par l'amitié, et associés dans leurs travaux, se communiquaient réciproquement leurs Idées. H y a ton! lien de croire que cette pièce-ci appartenolt plus particulièrement a Regnard qu'à Dufresny , puisqu'elle a toujours été imprimée dans les Œuvres de Regnard , et qu'elle ne l'a jamais été dans celles de Dafresuy.
Jamais ce poète ne l'a réclamée hautement, même après la mort de Regnard , à qui il a survécu près de qus-
Ce n'est qu'après la mort de l'un et de l'antre qu'il s'est répandu un bruit pen vraisemblable, et que beaucoup do personnel ont cependant adopté. Ce fait étrange a été imprimé pour la première fois dans le Mercure de France, en octobre f'24 , page 2Ï64. On a dit que Regnard, abusant de la situation embarrassée de son ami , aroit acheté de lui cette comédie 300 livres , et l'avait donnée sous ion nom an théâtre.
Ce bit a été ensuite répété par plusieurs auteurs , notamment par MM. Parfait , dans leur Histoire du Théâtre françois. Pions leur avons déjà fait des reproches de la manière rigoureuse avec laquelle Ils ont traité un poète estimable tel que Regnard; c'est surtout dans cette circonstance que l'on voit éclater leur partialité.
Ha se contredisent eu plusieurs endroits : tantôt ils attribuent cette comédie en entier A Dufresoy : Nous avant dit que celte pitee, qui passe pour être de M. Regnard, et qui «I imprimée dons tous les recueils de ses OEueres, est Irfs rei lanternent de M. Du/resnu. ( Ilist. du Théâtre françois, t. XV , page 409.) Cette comédie (Attiiides- ■oi «ods l'ouï) se trouve dans toutes les édition* des Œuvra de M. Regnard, au nombre de tes pièces de théâtre. Jusqu'à présent U publie, trompé par le titre du recueil, l'a crue de lai; cependant il est Iris certain qu'elle est de Dufrtmg. (Ibid., tome XIV, page 378.) Anmnn-
■oi sons L'ouï, comédie en un acte M en prose de M. Dufresny... dans le recueil des Œuvres de H. Regnard , à qui elle a été faussement attribuée. (Dict. dea Théâtres de Paris, tome I", page 323. )
Ailleurs ils conviennent que Regnard a en part a ceîin comédie, et qu'elle est autant l'ouvrage de l'un que de l'autre. Ils disent , dans la vie de Dulreany , que ce poète , pour n'avoir aucun démêlé avec Regnard. a souffert qu' il fit imprimer sans le recueil de ses OEurres la comente d'ÀTrisDSj-uoi sous l'ouï, dans laquelle cependant il n'anoil qu'une très-médiocre part. (Histoire da Théâtre françois, tome XV, page 406. ) On lit quelques lignes plus haut :£les liaisons d'amitié qu'il (Dulreany) droit avec Regnard l'engageaient à lui faire part de ses idées. Il lui communiqua plusieurs sujets de comédie presque finis , entre autres ceux du Joutes el d'Aman d-boi sous l'oiue, dans [«dessein de les acbeeer ensemble; mais Regnard, qui sentoit fa valeur de cette première pièce, amusa son ami, fit quelques changements à ce çu'acoi! fait Dufresny . et la donna aux comédiens sous sou nom. (Ibid., page 403.)
Tout ceci ne se concilie point avec le marché honteux que l'on prétend que Regnard a Tait avec Dufresny. S'il aquelque part dans la comédied'ATTMOEi-MOisoDaL'aaHi, H est injuste de l'attribuer tout entière a Dufresny. Il est vrai que l'on ajoute que cette part est très-médiocre , mais il est bien difficile de l'évaluer. Nous ne croyons pas que l'on ait va le canevas de Dafresny; nous ne connaissons personne qui ail lu la pièce presque finie, telle qu'elle a été communiquée A Regnard , et qui paisse la comparer * la pièce telle qu'elle est maintenant, avec les additions et corrections de celui-ci.
Si l'on juge de la part que Dufresny a dans cette pièee , par comparaison A celle dn Joueur, Il se trouvera que tout le mérite est dncoté de Regnard , et que , d'une pièce très médiocre , il an faire nu charmant ouvrage. Dufreany nous a fourni ce parallèle en faisant imprimer ls Chstilisi Joiiïnii tel qu'il l'uvoit composé '. Il est * croire que s'il eut produit de même Arruun-aoi ioub l'oimi tel qu'il est sorti de sea mains, la comparaison oe loi aérait pas favorable.
qui précède le Je