AVERTISSEMENT SUR ATTENDEZ-MOI SOUS L'ORME
Nous pensons donc qu'on ne no™ saura pas mauvais gré de rejeter une fable ridicule, qui ne fait houneurni à l'un ni à l'autre des deta poètes ; Fable invraisemblable , qu'on t*e s'M permit de répandre qu'après la mort de celui qui aïoit intérêt de la délmire , et qui s'est accréditée entoile, on ne Mit trop pourquoi.
Noos nom tommes no peu étendtn sur celle discussion , perce que nom ayons cru qu'il était convenable de restitues- * Régnant une pièce que l'on s'étoit efforcé de lui enlever ; et quoique aucun éditeur de tes Œuvres n'ait csé la retrancher, cependant on ne l'a admisedans les dernières éditions qu'avec des restrictions , et en adoptant l'opinion que cette pièce appartenoil a Dufreroy.
Le* rôles d'Agathe et de Colin sont ceux qne Dufresnj ponrroit peut-être revendiquer, et nous «mûmes portes a croire que ce sont les seuls que Régnant ait conservés. Ces deux caractères onl on ton nslfet vrai qui nous parolt appartenir plutôt a Dafresny qu'a Régnant; mail il haï convenir qu'on reconnoit Regnard dans le surplus de ta pièce. On sait qu'il entendok très-bien l'économie du théâtre , niait qne sou associé entendait mieux à produire de* scènes détachées qu'a bien conduire une intrigue ; et la comédie d'Aman ex-moi sons l'osmk est bien intriguée , quoique le sujet en ici 1 simple ; le dialogue est vif, et d'un plaisant qui ne peut appartenir qu'a Regnard.
Quelque temps après la première représentation d'Axthvq-wii sous l'oms, Dufresnj donna au Théâtre italien une pièce sons le même titre, qui fut représentée pour la première fois le 50 janvier IB95.
Cette comédie n'a de commun avec celle de Regnard que le titre; cependant , comme elle est peu connue , plu- [Jean personnes l'ont confondue avec la première.
Dnlresnj est Incontestablement l'auteur de la pièce italien ne, qui a en quelque succès sur l'ancien Théâtre italien, mais qui, depuis la suppression arrivée en I69T, a éprouvé le tort dca pièces composées pour ce spectacle, et n'a paru
Cette comédie ignorée a contribué a entretenir l'erreur de quelques personnel sur I'Atteudu-moi sous l'obus du Théâtre traoçoia. On a attribué celle-ci a Dufreany , quoiqu'il nefùtranleur que de lu pièce italienne.
Quanti la pièce italienne, elle n'a jamais été attribuée à Regnard, ni insérée dans ses Œuvres. Elle a été représentée en 1695, et non eu IBM. C'est cetta pièce q ni est imprimée dan* le recueil de Ghérardi , tome V, page 401 , édition de 1717.
Ce» deux pièces n'ont de conformité quête titre. Celle de Regnard, comme nom l'avons dit, est agréablement intriguée; et la pièce de Dufresny n'est qu'une suite de ■cènes épiwdiqnes, et que l'on appelle proverbialement seèoet a tiroir.
Quoique la comédie de Dofresuy ne toU pas dépourvue de uieri te, elle ne peut néanmoins soutenir la comparaison trace celle de Regnard. La première a du la plot grande partie de ton succès aujeu des acteurs; la secuude est restée eu théâtre, et se voit toujours avec plaisir.
Si Dafresny eût eu une part bien cojniidérable dans ta pièce fnmçoite, il n'aurait pat manqué de reprendre ce qui loi appartenoil, et de le transporter dans la pièce oit une bonne manière de te venger de
l'infidélité de tonamt ,.et de revendiquer te* nsnrpationi. Il a suivi cette route pourte Jomtrja : il a produit sur la scène sa comédie telle qu'il l'avoit composée , et a mit ton t le monde è portée de prononcer entre lui el ton adversaire : chacun a pu voir le parti que Regnard «vol i tiré des idées de Dnfremv ; ou a reconnu ce qui appartenoil à l'un et A
Dufresuy ne s'est pas contenté de reprendre ses scènes dans cette pièce ; I laaa employées de nouveau dam sa comédiede la Joususa. Désespéré du peu de succès de la première pièce , il ne pooToit concevoir que le public dédaignât des scènes auxquelles il attribuoit tout le succès de la comédie de Regnard.
Ce second essai a été encore infructueux. Oo a continué de se porter en foule au Jouira de Regnard, et l'on n'a pu goûter les deux pièces de Dafresny. Celui-ci n'a pas cependant perdu tonte espérance ; il a cru qne ton rival devott sou triomphe a ta versulcalion : 11 a mit en vers la comédie de la Joueuse.
On ne sait quel auroltété le luocès de cette nouvelle ténia tivo. La Jouiesi, mise en vers, n'a jamais été représentée , et est du nombre des pièces que Duh-esny , en monranl , Bt brûler sous ses yeni, et parle conseil de son confesseur.
Mais ces faits prouvent combien Dufresny étoil attaché A ses productions, et qu'il ne souffrait pas patiemment qne d'autres adoptassent set idées , et s'attribuassent le frollde tes travaux.
On ne voitpas pourquoi il awoit eu plus d'indifférence pour Arraintt-uoi sons l'obxk, qu'il n'en avolt eu pour le Joumji. L'infidélité de son ami devoit loi être anan sensible pour l'une que pour l'antre pièce.
Nom nous croyons donc fondés a laisser A Regnard une propriété que nous ne pensons pas qu'il ait usurpée.
On rapporte dans les Anecdotes dramatique» l'anecdote suivante, relative! Attesliu-mo" bousl'oihi. Armand, cet excellent' comique, sauristoit avec une présence d'esprit singulière tout ce qui pduvoit plaire au public , dont il était fort aimé. Jouant le rôle de Pasqnln dans cène pièce , après ces mots, >Que dit-on d'intéressant f Voua * avea reçu des nouvelles de Flandre, > il répliqua snrle-champ, « Un bruit se répand que Port-Manon est pris. • Le vainqueur do Mabon étoit le parrain d'Armand.
PERSONNAGES
BO HAUTE , officier réformé , revenant de sa «aralson , qui devient amouteui d'Agathe.
AGATHE, fille [l'un fermier, PÀSQmN , valet de Dorante.
LISETTE , amie d'Agathe.
COLIN , jeune fermier, accor MAJfflexTB , bergère.
N1GAISB, berger.
PLUS1IDBS BllQEai ET !
de Colin et d'Agathe.
étoient priés pour ta dc de Poitou , sous l'Orme.
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ŒUVRES DE REGNARD