‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 202 sur 1244 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LISETTE, PASQUIN

LISETTE

On vient à bout de tout en ce monde, quand on sait prendre chacun par son foible : les hommes par les femmes, les femmes par les habits. Ça, il faut à présent nous assurer de ton maître.

Il est chez le notaire; il faut qu'il repasse par ici pour aller chez Agathe, et je l'arrêter ai pendant que tu iras te déguiser en veuve.

LISETTE

Récapitulons un peu ce déguisement. Tu es bien sûr que ton maître n'a jamais vu la veuve.

Assurément. Sur la réputation qu'elle a dans Poitiers d'être fort riche , mon fanfaron s'est vanté qu'elle étoit amoureuse de lui. Pour se venger, elle a pris plaisir à se trouver masquée à deux ou trois assemblées où il étoit , de faire la passionnée ; en un mot, de se moquer de lui, trouvant toujours des excuses pour ne se point démasquer. C'est une gaillarde qui fait mille plaisanteries de cette nature pour égayer son veuvage.

LISETTE

Puisque cela est ainsi, je contreferai la veuve, comme si jel'étois.

Tant pis. Car on ne saurait bien contrefaire la veuve, qu'on n'ait contrefait la femme mariée. L'habit est-il prêt?

LISETTE

Oui. .

Voila mon maître qui vient.

Amuse-le pendant que je me déguiserai ; et après tu iras avertir Agathe qu'elle vienne nous surprendre, tu la feras écouter notre conversation. Laissemoi faire.

Page 1