SCENE PREMIERE
I&MÈNE, CLÉANTHIS,
CIJUKTHI8.
Si j'avois le secret de deviner la cause Du chagrin qu'à mes yeux votre, visage expose , De cet ennui soudain qui vous tient sous ses lois , Nous nous épargnerions deux peines à la fois : Moi , de le demander, et vous de me le dire.
■ Dali l'Union originale, cet »c le u 'est dii isC q u'tn *ep ! «ccnes.
■ Ce ïencrt conforme i l'édition originale, I celle de ITSS et à celle de «T9S. Dam In édition.! modem» , on Ut :
Mais, puisque sans parler je De puis m'en instruire. Dîtes-moi, s'il vous plaît, depuis une heure ou deux, Quel nuage a troublé l'éclat de vos beaux yeux? Quel sujet vous oblige a répandre des larmes ? Le roi plus que jamais est épris de vos charmes ; Il vous aime ; et , de plus , une suprême loi L'oblige à vous donner et sa main et sa foi : Et quand même il romproit une si douce chaîne , Agénor est un prince assez digne d'Ismène : Je sais qu'il vous adore , et qu'il n'ose à vos yeux, Par respect pour le roi , taire éclater ses feux.
ISK&HB,
Je veux bien avouer qu'un manque de couronne Est l'unique défaut qui soit en sa personne , Et qu' Agénor auroit tous les vœux de mon cœur, S'il étoit un peu moins sensible à la grandeur. Mais enfin un chagrin que je ne puis comprendre, Ma chère Cléanthis , est venu me surprendre : Je le chasse , il revient ; et je ne sais pourquoi , Ce jour plus qu'aucun autre , il cause mou effroi.
CLBAKTHIS.
On ne peut vous ôter le sceptre et la couronne ; Et le rang glorieux que le destin vous donne. Je vous l'apprends encor , si vous ne le savez, J'en suis un peu la cause , et vous me le devez.
isnànt.
Comment?
CLÉANTHIS.
Écoutez-moi. La reine votre mère, Abandonnant Argos , ou mourut votre père, Par un second hymen épousa le feu roi Qui régnoit en ces lieux , mais avec cette loi , Que , si d'aucun enfant il ue devenoit père , Du trône athénien vous seriez l'héritière , Et que son successeur deviendroit votre époux. La reine eut une fille; et, l'aimant moins que vous, Elle trouva moyen de changer cette fille. Et démettre un enfant, pris d'une autre famille. De même Age à peu près , mais moribond , malsain, Et qui mourut aussi , je crois , le lendemain. Mot, j'allai cependant, sans tarder davantage, Porter nourrir l'enfant dans un lointain village- Un pauvre paysan , que l'or sut engager , De ce fardeau pour moi voulut bien ae charger. Je lui dis que l'enfant de moi tenoît naissance , Qu'il devoit avec soin élever son enfance ; Je lui cachai toujours son nom et son -pays. Le pâtre crut enfin tout ce que je lui dis. Quinze ans se sont passés depuis cette aventure. Votre mère a payé les droits à la nature ; Et depuis ce long temps aucun mortel , je crois , N'a pu de cette fille avoir ni vent ni voix.
ismène:
Je sais depuis long-temps ce que tu viens de dire ;
icilr-ec- * G00g[C