SCÈNE V
DÉMOCMTE, CRISÉIS, STRAfiON.
STIUBON,ip*rt.
Voilà , je vous le certifie , Un fâcheux argument pour la philosophie.
DBNOCRITE, à CrWia.
Le roi me charge ici d'un fort honnête emploi, Et je n'attendois pas l'honneur que je recoi. Il vient de m'ordonner de disposer votre âme, Et la rendre ' sensible à sa nouvelle flamme : La charge est vraiment belle; et, pour un tel dessein, Il ne me faudroit plus qu'un caducée en main. Quels sont vos sentiments? que prétendez -vous caisses. [faire?
C'est de vous que j'attends un avis salutaire. Que me conseillez-vous de faire en cas pareil? Car je prétends toujours suivre votre conseil.
DÉHOCBITE.
Ce que je tous conseille?
CBISÉIS.
DÉMOCRITE. à part
Je ne sais que dire.
Suivez les mouvements que le cœur vous inspire.
CBISÉIS.
Ah 1 que j'ai de plaisir que cet avis flatteur Se rapporte si bien au penchant de mon cœur! l'étais, je tous l'avoue, en une peine extrême. Et n'osois tout-à-fait me fier à moi-même. Je sentois pour le prince un mouvement secret, Et je ne savois pas si c'est bien ou mal tait : Maintenant que je vois le parti qu'il fait, prendre , Jepuis, par votre avis, suivre un penchant si tendre.
DÉMOCBITB.
Pour lui tous sentez donc cet appétit secret...
(*9Mt>
J'ai bien peur d'être ici curieux indiscret.
CBISÉIS.
Quand le prince tantôt s'est offert à ma vue, J'ai senti dans mon cœur une flamme inconnue; Tout ce qu'il me disoit me donnoit du plaisir | Ma bouche a laissé même échapper un soupir. Eu cessant de le voir, une tristesse affreuse
OEUVRES DE REGNARD
Tout d'un coup m'a rendue inquiète et rêveuse; A son air , à ses traits , j'ai pensé tout le jour : Je l'aime , si c'est là ce qu'on appelle amour.
6TBÂBON.
Oui , voilà ce que c'est. Peste ! quelle ignorante ! Vous êtes devenue en un jour bien savante I Vous n'aviez pas besoin tantôt de nos leçons ; Ni nous , de nous étendre en définitions.
DPMOCSIïE.
Enfin donc vous aimez ?
CHISÉIS.
Moi?
SBUOCRITE.
Voilà, je vous jure, Les symptômes d'amour que cause la nature.