‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 251 sur 1244 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DÉMOCRITE , Mol.

Dietii!qne fais-jeî Où 111'eraporle une indigne tendisse? Suis-je donc Dcmocrite ? et quelle est ma foiblesse '. Fendant que je suis seul , laissons agir mon cœur, Et tirons le rideau qui cache mon ardeur. Depuis assez long-temps mon rire satirique Sur les autres répand une bile cynique : Je veux sans nuls témoins rire à présent de moi ; Il ne faut point ailleurs aller chercher de quoi. J'aime! c'est bien à toi , philosophe rigide, De sentir l'aiguillon d'une flamme perfide! Et quel est cet objet qui t'apprend l'art d'aimer? Un enfant de quinze ans ! Tu prétends la charmer, Adonis suranné ?... Mais un pouvoir suprême Me commande, m'entraîne en dépit de moi-même. Ah ! c'est où je t'attends , le plus lâche des cœurs ! Il te faut des chemins tout parsemés de fleurs. Tu ne» saurais saisir ces haines rigoureuses ' Que sentent pour l'amour les âmes généreuses ; Tu ne peux gourmander un penchant trop fatal , Homme pusillanime, imbécile , brutal!

Ce n'est pas encor tout ; vois où va ta folie. Toi qui veux te targuer de la philosophie , Tu conduis Criséis... en quels lieux ? à la cour. Ah ! qu'ensemble on voit peu la prudence et l'amour ! Mats on vient. Finissons un discours si fantasque; Pou r sauver no tre ho nneur, reme ttoiis notre masque .

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