DEMOCRITE, ACTE IV, SCENE VI
CLKANTMIS, 1 part.
Le us est tout nouveau.
STBABON, à put.
L'aventure est très-neuve.
il)
Depuisquand, s'il vousplaît, vivez-vous sans époux ?
CLBANTHIS.
Depuis prèsde vingt ans je godte un sort si doux. farcis pris un mari fourbe, plein d'injustices, Qui d'aucune vertu ne rachetait ses vices , Ivrogne, débauché, scélérat , ombrageux.
Pour sa mort je. faisois tous les jours mille V03UX. Enfin, le Ciel plus doux, touché de ma misère, Lui fit naître en l'esprit un dessein salutaire; Il partit, me laissant, par bonheur, sans enfants.
Cest tout comme chez nous. Depuis le même temps,
Inspiré par le Ciel , je quittai ma patrie,
Pour fuir loin de ma femme , ou plutôt ma furie.
Jamais un tel démon ne sortit des enfers.
C'était un vrai lutin , un esprit de travers.
Un vieux singe en malice, insolente, revécue,
Coquette, sans esprit , menteuse, pie-grièche.
A la noyer cent fois je m 'étuis attendu ;
Mais je n'en ai rien fait, de peur d'être pendu.
CLBANTHTS.
Cette femme vous est vraiment bien obligée !
ctiubos.
Bon! tout autre que moi ne l'eût point ménagée , Elleauroit fait le saut.
CLBANTHIS.
Et de grâce, en quels lieux ATÎez-vous épouse ce chef-d'œuvre des cieux ?
STB Ai os.
Dans Ârgos.
clkastiiis, I part.
Dans Argos 1
stb a no s.
Où la fortune a-t-elle Mis en vos mains l'époux d'un si rare modèle ?
clbahtbis.
Dans Argos.
STBABON. à part.
Dans Argos !
(Hut. }
Et s'il vous platt, quel nom Portoit ce cher époux ?
CLEAHTHIS.
Il se nommoit Strabon.
STBABON.
Strabon !
(»pwt.) Hait
CLKANTHIS.
Pourrait on aussi , sans vous déplaii Savoir quel nom portoit cette épouse si chère ?
CLBANTHIS.
Cléanthis! c'est lui.
STRABON
C'est elle! 6 dieux!
clbanthis. [mieux,
Ses traits n'en disent rien; mais je le sens bien Au soudain changement qui se fait dans mon âme.
STBABON.
Madame , par hasard , n'êtes- vous point ma femme ?
CLÉANTHIS.
Monsieur, par aventure , êtes- vous mon époux ?
Il faut que cela soit ; car je sens que pour vous , Dans mon coeur tout-à-coup ma flamme est amortie, Et fait en ce moment place à l'antipathie.
CLBANTHIS.
Ah! te voilà donc, traître! après un si long temps , Qui t'amène en ces lieux ? qu'est-ce que tu prétends ?
STB A BON.
M'en aller au plus tôt. Que ma surprise est forte ! Dis-moi, ma chère enfant, pourquoi n'es -tu pas
CLBANTHIS. [ morte ?
Pourquoi n'es-tu pas morte! Indigne, scélérat , Déserteur de ménage, et maudit renégat , Pour t'arraener les yeux...
STBABON.
Ah! doucement, madame, (»P«rt.) O pouvoir de l'hymen , quel retour en mon âme !
CLEANTHIS , à put.
Je ressentois pour lui les transports les plus doux ; Hélas! qu'allois-je faire? il étoitmon époux.
Al
Va, fuis. Que le démon, qui te prit en ton gîte Pour l'amener ici, t'y remporte au plus vite. Évite ma fureur ; retourne dans tes bois.
STBABON.
Il ne vous faudra pas nie le dire deux fois. J'aime mieux être ermite, et brouter des racines , Revoyager vingt ans , nu-pieds , sur des épines , Que de vivre avec vous. Adieu.
CLBANTHIS.
Que je le hais' !
STBABON.
Qu'elle est laide à présenti et qu'elle a l'air mauvais!
■ DUU l'édition originale et dam «Ile de ITSS, ou Ut, Grande dlauc! que je It liait! ce qui fait unrers de quatorae iyllalxs. Il but necenalréuieal ■opprimer grtwdi ditui, ou le mot «dfrti , qui eit plus haut.
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