I.CCILE
Les démarches que vous me faites faire, Clitandre, ne peuvent être justifiées que par le succès qu'elles vont avoir; et je serois entièrement perdue dans le monde , si le mariage ne mettoit fin à toutes les parties de plaisir où je me laisse engager tous les jours.
CLITAHDBB.
Je n'ai jamais eu d'autres sentiments , belle Lucile;et voilà votre amie qui peut vous en rendre témoignage.
CH) ALISE, i Cliundre.
Je suis caution de la bonté de votre cœur, et vous touchez au moment dé la justifier par vousmême. Mais moi qui n'entre .pour rien dans l'aventure, et qui n'ai point en vue de conclusion, quel personnage est-ce que je fais dans tout ceci? et que dira-t-on, je vous prie?
MERLIN, à CidiUse.
On dira qu'on se fait pendre par compagnie ; et par compagnie, il ne tiendra qu'à vous de vous faire épouser : mon maître a tant d'amis! vous n'avez qu'à dire. '
LISETTE, i Cidalise.
Prenez-en quelqu'un , madame : plus on est de fous , plus on rit. Allons, déterminez- vous.
KBBLIN.
Je me donne au diable, pendant que nous sommes en train , il me prend envie d'épouser Lisette aussi par compagnie, moi-, c'est une chose bien contagieuse que l 'exemple.
CLÏTANDRE, i Cidall».
Je voudrais que le nôtre la pût engager à nous imiter ; et j'ai un jeune homme de mes amis qui s'est brouillé depuis quelques jours avec sa famille.
MERLIN , a Odiltae.
Voilà le vrai moyen de le raccommoder. Le cœur vous en dit-il ?
Non ; ces sortes d'alUances-Ia ne ne plaisent point. Je ne dépends de personne ; je veux prendre un mari aussi Indépendant que mots
MKBLIH.
C'est bien fait ; il n'est rien tel que d'avoir tous deux la. bride snr leçon. Mais .voici votre marquis qui vientau rendez-vous. Je vais voir si tout se préparé pour votre souper.