‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 279 sur 1244 · M. ANDRÉ, GÉRONTE, MERLIN · texte numérisé non relu

M. ANDRÉ, GÉRONTE, MERLIN

M. AIVDBK.

Bonjour, monsieur Merlin.

».'■' MER1IN

-. Vôtre valet, monsieur André, votre valet. (* part) Voilà un coquin d'usurier qui prend bien son temps pouf venir demander de l'argent.

H. ANDBÉ.

Savez -voua bien, monsieur Merlin , que je suis las de venir tous les jours sans trouver votre maître; et que, s'il ne me paie aujourd'hui, je le ferai coffrer demain , afin que vous le sachiez.

NBBLIN. bat.

Nous voilà gâtés.

GERONTE , 1 Merlin.

Quelle affaire avez-vous donc?

MERLIN, bac à Gérante.

Je vous l'expliquerai tantôt : ne vous mettez pas en peine.

M. ANDRÉ, à GerODlî.

- j .^ÏMé affaire de deux mille écus qui me sont dus '.piç'ittHi maître, dont j'ai le billet, et, en vertu (d'jféfuj , une bonne sentence par corps, que je vais faire mettre a exécution.

GÉRONTE

Qu'est-ce que cela veut dire, Merlin?

KBBLIN.

C'est un maraud qui le feroit comme il le dit.

GRHONTE , à M. André.

Clitandre voua doit deux mille écus ?

M.iNDRi.lGeranle.

Oui, justement, Clitandre, un enfant de famille, dont Je père est allé je ne sais où, et qui sera bien surpris , à sort retour, quand il apprendra la vie que son fils mène pendant son absence. M H R LIS, à pan.

Cela va mal.

M. ANDRÉ

Autant que ■ le fils est joueur, dépensier et prodigue , autant le père, à ce qu'on dit, est un vilain, un ladre, un fesse-mathieu.

M. ANDBÉ.

Ce n'est pas de vous dont je veux parler ; c'est du père de Clitandre, qui est un spt, un imbécile.

' Ce mot qui ta trouve dani I «ItUon originale et dam celle de I7ïs i oo l'a tupprime au» les mitre* édiiioai.

GBBONTI.

Merlin...

MEBLI5 , * Gérante.

Il vous dit vrai, monsieur; Clitandre lui doit deux mille écus.

GBH0NTE.

Et tu dis qu'il a été d'une si bonne conduite !

MBBLIEf.

Oui , monsieur ; c'est un effet de sa bonne conduite de devoir cet argent-là.

GRKONTE.

Comment, emprunter deux mille écus d'un usurier 1 car je vois bien , à la mine, .que monsieur est du métier.

M. ANDRl! . a Gérante.

Oui , monsieur ; et je vous croîs aussi de la profession.

MERLIN, à part.

Comme les honnêtes gens se connoissent '.

GERONTK, t Merlin.

Tu appelles cela l'effet d'une bonne conduite? MERLLN.h» à Gérante.

Paix, ne dites mot. Quand vous saurez le fond de cette affaire-là, vous serez charmé de monsieur votre lits; il a acheté une maison de dix mille écus.

GÉRONTE

Une maison de dix mille écus !

MERLIN , bat 1 Géronte.

Qui en vaut plus de quinze; et comme il n'avoit que vingt-quatre mille francs d'argent comptant , pour ne pas manquer un si bon marché, il a emprunté les deux mille éensen question de l'honnête fripon que vous voyez. Vous n'êtes plus si fâché que vous étiez , je gage ?

GÉBONTI.

Au contraire, je ne me sens pas dé joie, (a m. André.) Oh! çà, monsieur, ce Clitandre, qui vous doit de l'argent, est mon fils.

MERLIN . t M. André.

Et monsieur est son père, entendez-vous ?

M. ANDBB.

J'en ai bien de la joie.

GBHONTE, iM. André.

Ne vous mettez point en peine de vos deux mille écus ; j'approuve l'emploi que mon fils en a fait. Revenez demain, c'est de l'argent comptant.

M. ANDRÉ

Soit. Je suis votre valet.

Page 1