LES FOLIES AMOUREUSES, ACTE II, SCENE VI
Pour donner tout la lenpi que hs bureau «oient mit. Leurs plaintes et leurs cris me toucheraient peut- (tant) [être.
Ci , de quoi s'agit-il ? Parlez , vous voilà maître : Hais surtout soyez bref.
ÉBASTE.
Je suis fâché , vraiment , Que pour moi votre tille ait un tel traitement.
ALBERT
Qu'est-ce à dire, ma fille?
ÉBÀSXE.
Est-ce donc votre femme ?
ALBERT
Cela sera bientôt.
J'en suis ravi dans rime.
Voua me pouvez jamais prendre un plusbeau dessein. Et vous faites fort bien de lui tenir la main. Tous les maris devraient faire ce que vous faites. les femme* aujourd'hui sont toutes si coquettes!...
ALBERT
J'empêcherai , parbleu , que celle que je prends Ne suive la manière et le train de ce temps.
CRI S PI N
Ai! que vous ferez bien ! Je suis sî soûl des femmes!... Et je suis si ravi , quand quelques bonnes âmes Seserve.it de uuûn-miseun peu de temps en temps...
ALBERT
Ce garçon-là me plaît, et parle de bon senB.
EBASTE.
Pour moi , je ne vois rien de si digne de blâme , Qu'un homme qui s'endort sur la foi d'une femme; Qui , sans être jamais de soupçons combattu , Compte tranquillement sur sa frêle vertu ; Croit qu'on fit pour lui seul une femme fidèle. Il faut faire soi-même , en tout temps , sentinelle ; Suivre partout ses pas ; l'enfermer, s-'il le faut ; Quand elle veut gronder, crier encor plus haut. Et malgré tous les soins dont l'amour nous occupe, Le plus fin , tel ' qu'il soit, en est toujours la dupe.
Nous sommes un peu grecs sur ces matières-là ; Qui pourra m'attraper, bien habile sera. Chaque jour, là-dedans , j'invente quelque adresse Pour mieux déconcerter leur ruse et leur finesse. Ma foi, vous aurez beau, messieurs leurs partisans, Débonnaires maris , doucereux courtisans , Abbés blonds et musqués qui cherchez par la ville Des femmes dont l'époux soit d'un accès facile, Publier que je sais un brutal , un jaloux ;
■ Cette locution , Th. qu'il toi finale et a celle de I7SS. Ouu toute* tel éditii Ut , ytnL qu'U toit; ce qui est plot conforme S la gr mats U nt certain que l'aoleur a écrit autrement.
Dans le fond de mon cœur je me rirai de TOUS.
ÉBÀSTB.
Quand vous seriez jaloux, devez -vons vous défendre Pour avoir plus qu'un autre un eœnr sensible et ten- Sans£treunpeujaloax,OBnepeutétrej^uiant. [dre? BiffLdes gens cependant raisonnent autrement. Un Jaloux, disent-lU, qui sans cesse querelle , Est plutôt te tyran que l'amant d'une belle : Sans relâche agité de fureur et d'ennui , Il ne met son plaisir que dans le mal d'autrui. Insupportable à tous, odieux à lui-même, Chacun à le tromper met son plaisir extrême. Et voudroit qu'on permit d'étouffer un jaloux , Comme un monstre échappé de l'enfer en courroux. C'est dans le monde ainsi qu'on parle d'ordinaire : Biais, pour moi, je soutiens un parti tout contraire, Et dis qu'un galant homme, et qui fait tant d'aimer, Par de jaloux transports peut se voir animer, Céder à ce penchant , et qu'il faut, dans la vie. Assaisonner l'amour d'un peu de jalousie.
ALBEUT.
Certes , vous mecharmez,monsieur,parvotre esprit; Je voudrois, pour beaucoup, 'que cela fût écrit, Pour le montrer aux sots qui blâment ma manière. cbispin. [re.
Entrons chez vous, monsieur: là, pour vous satisfai- Je vous l'écrirai tout, Sans qu'il vous coûte rien.
ALBERT, l'arrêlant.
Je vous suis obligé; je m'en souviendrai bien. Vous n'avez pas, je crois, autre chose à me dire : Voilà votre chemin. Adieu. Je me retire. Que le Ciel vous maintien ne en ces bons sentiments; Et ne demeurez pas en ce lieu plus long-temps.