LES JUMEAUX
COMÉDIE EN CINQ ACTES, ET EN VERS
PRÉCÉDÉE JyW PROLOGUE EN VERS LIBRES,
'OIS, LB VR.NDBEni 4 DFCBMBHS 4705.
Le wjèt «I du-Tsomb*e do ceux qui produisant un effet sxîrau Uleatre.Deuifrerês jauieaaM, Joui la ressemblance e^piffoite, doivent oocaiioner des méprises qui fournissent une matière emple et variée a. des incidents oomiques. A uni est-i peu de sujet* qui aient été traites d'autant de manière* , et par ud aurai grand nombre d'auteurs.
Noua ne parlons pu de Piaule, que Régnant n'a imité que foiblemeot. Le* incidents de ta pièce tout tout-»- fait différent» ; et ou ae peut que lui (avoir gré d'avoir, sup-
primé ceui du poète latin , pour nous en présenter d'outre» plus conveuabl» à soi mœurs, et plus vraisemblable*. Dana Piaule , l'un dea Ménechmes eal marié ; et néanmoins II eal umourem d'une courtisane qu'il enrichit dea dépouille* de ta femme , au point de dérober les robes et les bijoux de celle-ci , pour eu faire des cadeaux a a njal-
, Ménecbnie Sosicles arrive i Épidarnne , lieu de la résidence de *ou frère , sans savoir qu'il y esl établi. Sa surprise est grande de s'y voir nommé, connu, et abordé familièrement par tout le monde; Il est surtout étrangement émerveillé de la manière dont il esl accueilli par la femme et parla mat tresse de son frère , dea reproche» de
es de l'ai
t On «eut combien un personnage tel qne le Ménechme d'Épidamne aurait été peu Intéressant dans nos mœurs , al qne l'on n'auroit nullement pris plaisir au tableau de m débauches avec lacourlisaneÉrolie.
Rolrou a cru cependant pouvoir suivre l'exemple du poêle latin. Sa comédie des Mi isceuts est plutôt une traduction qu'uue imitation de Piaule: lia conservé tous les personnages, jusqu'au parasite; il s'est contenté d'adoucir un peu celui d'Érolie. Il suppose que celle-ci est une jeune veuve , qui permet , a la vérité , que Hénecbme lui fasse la cour , et fait cas de son amitié , pourvu , dit-elle ,
Qu'elle demeure am termes de l'honneur.
El qu'on but vertueux borne votre pensée.
Elle n'ignore pas néanmoins que Ménechme est marié , et qu'il a une femme jalouse. Autant valoit-il conservera, ce personnage le caratlère de courtisane que lui donnoit le poète latin; Rolrou auroil au moins gardé la Vralseni-
OEUVRES DE REGNARD
Regnard a prit une sain marche : ta Ménechme* ne sont point mariés; l'unest un provincial grossierel brutal qui i»eiit t Pari» recueillir la succession d'un oncle ; il a élé I mli tué légataire universel, parce que le défunt ignorait la destinée du second de se» neieui , qui avait quille, dan ■on enfauce , la maison paternelle.
Cependanl le chevalier Ménechme éloit fi Pari» depui quelque temps , el j vivoll eu frai chevalier déshérité par 1» fortune. Une vieille Aramiate , amoureuse de ce jeune homme, paroissoit disposée 1 réparer, en l'épousant, le» tort» de la fortune. Le chevalier éloit prè* de terminer lorsque «ou amour pour Isabelle , fille de iMmophoo rompt ses projet». C'eat celle même Isabelle que ion frère doit épouser, et que Demophon a promise» Ménechme sur la nouvelle qu'il • apprise de la succession qu'il (lent recueillir.
Telle est la fable que Regnard a imaginée , el qu'il > substituée i celle de Piaule.
Quant au» incidents , noua ne voyons psi qu'il ait lire parti d'aucun , si ce n'est du repas préparé par Érolie , qui a quelque ressemblance avec le diner où Aramiute attend le chevalier Ménechme. Regnard emploie arec beaucoup d'avantage plusieurs de» plaisanterie» du poète latin.
Cependant le Ménechme franco!» l'exprime avec plut de durelé que l'autre: il traite Aramiute et sa suivante avec le dernier mépris; tandis que le Ménechme de Piaule, ■pris, avoir témoigné sa surprise de l'accueil qu'il vecoit d'Ëi-olie , finit par profiter de la bonne fortune qui se pré sente : il feint d'entrer dans le» idée» de la courtisane, et se dispose i partager le repu qui était préparé pour un autre.
Rotrou , comme non» l'avons observé, a servilement imité Plante, ou plutôt son ouvrage n'est qu'une traduction; il a conservé l'Intrigue, les incident», la marche de» acènet , jusqu'aux noms des personnages.
Un troisième imitateur de Plante est Le Noble, dan» ta comédie de» deux Arltquini , représentée par le» ancien* comédiens italiens, le 26 septembre 1691.
Arlequin l'aîné est au service de Géronte, viens financier , amoureux d'Isabelle. Arlequin le cadet , trompé par une faune nouvelle de la mort de son frère , vient 6 Pari» recueillir sa succession. La parfaite ressemblance de» deui frère» occasion* de» méprises et de» quiproquo qui font tout l'agrément de la pièce.
Le» incident» ton! imite*, pour la plupart, de Plante. Le Noble a tiré le plu grand parti de la pièce latine, niait ce n'est point une imitation terrile comme l'ouvrage de Rotrou.
Arlequin l'ainé est l'amant aimé de Colombine, suivante d'Itabello ; il a quille pour elle Marinelle; et celle-ci , qui aime Arlequin , est furieuse de sou change-
On retrouva dans cet personnage» l'Érotie de Plante el la femme de Méueebme : de même qu'lVotie lait préparer un repas pour tonamunl, Colombine, dan» la pièce de Le Noble , veut régaler ion cher Arlequin.
Le cuisinier , Irompé par la ressemblance, s'adresse à Arlequin cadet , croyant parler t son frère, et lui remet le» plnl» de la collation. Colombine, qui survient , en «et aatex durement traitée ; cependant , comme Arlequin
la trouve a ton gré , il t'adoucit; el Colombine lnl remet de la pari do Géronte nu coffret de bijoux pour sa maîtresse Isabelle.
Cet bijoux produisent de» incidents axaex temblablet à ceux de la robe que Ménechme , dan» Piaule , dérobe à sa femme pour en Taire un présent a sa main-esse.
Arlequin le cadet recoil le» bijoui arec une nouvelle surprise; il ne connoit oi Géronte, ni Isabelle : cependant il dissimule, et il se résout i profiter de celte aventure.
On voit paraître peu après Arlequin rainé. L'élonneraent de celui-ci n'eat pas moins grand , lorsqu'on toi demande compte de» bijoux; sa surprise est interprété» comme mauvaise foi , et on le traite de voleur. Quelque* scène» après survient Marinelle , dont la jalousie et le* emportements donnent à Arlequin de nouveaux chagrin».
Arlequin le cadet revient sur la scène, fortement occupé des bijoux qu'il a reçus ; il cherche le» moyen» do le» convertir en espèce». Géronte le surprend dans se» réflexl
Le dénouement de toute» ce» pièce» ett'a peu prêt le même: le» deux frète» se reconnaissent, et eiplfqucât, présence de Ions les personnage», le» différente» méprise» auxquelles leur ressemblance a donné lieu.
On s'est étendu un peu sur cette comédie peu Munira Aujourd'hui , depuis la suppression rie l'ancien Théâtre ita-
en , mais quia eu dans sa nouveauté un Irès-grand suoeè*.
On vient de donner à la Comédie italienne les deux lumtotixdt BtTQcme , comédie qui a quelque resteni blatwc avec Its deux ÀrUqmm de l'ancien Ihéltre; malt cette ressemblance n'est que pour le fond de l'Intrigue;
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