‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 328 sur 1244 · AVERTISSEMENT SUR LES MÉNECHMES · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT SUR LES MÉNECHMES

les ùkWwU j sont moins mnilipHés et tout différent*. Retenons I Regnard : la plsce de sa comédie do Hénechiuts est marquée: c'est une de celles qui servent de fondement a la réputation de ce poète ; et , «il contredit , celte pièce est la meilleure de toutes celles dont le nœud art fondéaur la ressemblance de deux-ou de plusieurs personnages. On lit , dans le noa<reau Mercure imprimé a Trévoux en 1708, nue lettre critique iur cette comédie; l'auteur en est anonyme ; et , si m critique est -quelquefois '-'-' te et tropeéïfere, on y trouve aussi de* observation!

Noos passons sur la critique une fait l'anonyme du prologueqoi précède les Méuechmcs. Ce prologue n'est qu'un hommage que Regnard bit A Piaule de sa comédie, quoiqu'il n'ait imite que do tros-loùj le poète lalln. c J'ai peu de regret, dit l'anonyme, au incident* qu'il (Regnard) a été obligé de supprimer de son original pour s'assujettir a notre théâtre : ceux qu'il a subit i tués a leur place «ont dans l'esprit du sujet; et il* Tiennent ai uaturellenient, que Piaule ini-méme , s'il ■voit travaillé pour notre scène, o'anroit pu en imaginer de plu* convenables... Tout ce que j'anroii désiré dan* notre auteur, c'est que les incidents eussent été audessus du trivial , autant qu'ils sont dan* le vraisemblable. Mais c'est l'écueil ordinaire des poètes qui s'attacbentau comique; il faudrait qu'ils élevassent la matière, al C'est la matière qui las gagne et qui le* abaisse. ■ LaditOcuitéquB notre auteur avoit A surmonter, conshtoilà intenter des incidents qui basent aussi naturel* que ceux qu'il a Jugé i propos de retrancher, et qui ne pussent affaiblir le cnmi que attaché naturellement au

en qm Ton ne trouve ce vis ciiniif a que César loue dans Ménandre et dans Piaule , et dont il dit A Téreuctt qu'il n'a pu approcher. Il f atoit encore une difficulté a surmonter, qui m'avoit paru plus embarrassante que tout le reste. Le jeu de la pièce ne roule que sur la méprise où jette la ressemblance des Jumeaux ; ou n'a que cette méprise pour intéresser et pour attacher les apectaleurs ; et 11 étoit à craindre de tomber dans la répétition et dan* la fadeur, en exposant toujours le mémo objet sur la scène. Pour éviter la difficulté, il falloit que cette méprise surprit et intéressât de plus en plus par des incidents toujours nouveaux et toujours inattendus; Il falloit varier ce jeu , qui, pour être toujours le même dans le fond , serait devenu ennuyeux , si ou ne hti avoit donné des tonnes nouvelles et de* tours différent*. Notre auteur s'est tiré d'affaire en cela comme en tout le reste ; toutes le* surprise* oit conduit 1* ressemblance des deux frères sont amenée* avec tout l'art que l'on peut souhaiter, et font différemment leur effet jusqu'à la Bu de la pièce.

« Du reste, j'ai cherché inutilement de* caractères dans cette comédie; il ne parolt pas que l'auteur se soit attaché a nous en donner. C'est pourtant la fin principale que doivent se proposer ceux qui font des poème* dramatiques : Il faut qu'il* nous peignent le* homme* dan* leur* bonne* qualité* et dans leurs débuta; qu'ils «priment leurs sentiment* et leurs mœurs; qu'ils

non*' en forment de* caractères , dont le» uns n

* donnent de l'horreur, et dont les autres noua excitent « I la vertu. ■

En souscrivant aux éloge) que donne l'anonyme a la comédie de Regnard , nous n'adoptons point ses cri tiques. Il reproche A Regnard do n'avoir pas bit une Ipièce de caractère d'un sujet qui n'en étoft pas susceptible. Il ou s'agissoi t point de peindre de* vertu* ni de* vices , mal* de produire de* incidents multiplié* et varie* , occasionés par la parfaite ressemblance des deux frère*. Le nœud de cette intrigue de voit seul attacher le* spectateurs, et le* conduire de surprise en surprise au dénouement.

Il accuse aussi A tort notre poêla d'être trivial et bat ; sou cnmiqne est monté »ur le ton qu'il devoit avoir , il cet an niveau de ton sujet; et nous croyons qu'il n'auroit pas gagné s'il eût voulu a 'élever , comme le dit l'anonyme , au-dessus de ta matière; il serait devenu froid, et il aurait cessé d'être plaisant.

Oo sait que Regnard étolt brouillé depuis long-temps avec Detpréaox. Quelques-uns disent qu'il avoit écrit con Ire la satire X de ce poète. Quoi qu'il en soit, Botleau lui rendit la pareille dan* son épttre 3 , vers 36 :

A Sanlecque, à Regnard, SBellooq compare.

n, et il *e lit ainsi dan* le*

Despréaux ne voulut pu faire imprimer le* nom* de* trot* prennent poètes qui s'éloient réconciliés avec lui , et il leur substitua les nom* des trois antre* poète* , qnl n'étoient plus vivanl» lorsqu'il Dt imprimer «on épttre.

Ce Fut pour cimenter cette réconciliation que Régnant adressa A Deapréaux *a comédie de* Hénechme* '. lly ■ cependant lien de croire qne celle réconciliation n'éloit pas sincère de la part de Regnard , et qu'elle n'éloit due qu'A la crainte de jouter contre un adversaire aussi redoutable. Le Tombeau de Despréanx , satire de Regnard, est une preuve du peu de sincérité de cette réconciliation.

EP1TRE A M. DESPREAUX.

Fivoaf de* neuf Soeurs , qui sur le mont Parnasse , De l'aven d'Apollon , marches ai près d'Horace ;

O toi, qui, comme lui, maître en l'art des bon* vers, Aijouidelonnom, et mi* l'Envie aux fers;

Etqd.parundeslioauatinobleqoejuste,

■ Ce (ot mol, dit M. de LumiedeMontchesnay", qui raccommodai Kegnàid avec Desprûiux. Il* étaient près d'écrire l'un contre l'autre; etAegnard étolt l'agresseur. Je lui fis entendre qu'il ne convenolt pas de se Jouer * son maître ; et depuis sa ré-

concULill™,u lui dédia swMéiiechraes,

(Antcdetti dramoîiquei.)

m criUqtu; «ff ui*n , «Mil *> F»

Trouves p<

r bienfaiteur mi prince tel qu'Angiiste:

Omre une main belle , accepte

Un poème Impartait, eufaot de mon loisir.

De testrallaéelataotBadmlrateurlldele,

Toi] style, de tout temps, me servit do modela;

Est si quelque bon 'ers par ma veine est produit,

De les doctes leçons ce n'est que l'henreni fruit.

Toi-même as bien voulu, sensible a mes prières ,

Sur cet ouvrage offert me prêter tes lumières.

Ton applaudissement , que rien n'a suspendu ,

De celui dn public m'a toujours répond u.

Qui peutiuinui, en effet, dans le siècle on nous sommes.

Aux règles du bon godt assojetlir les hommes ?

Qui connolt mletu que loi le cœur et ses travers ?

Le bon sens eal toujours* son aise en tes vers;

Et , son* nn art heureux découvrant la nature ,

La vérité partout j brille tonte pure.

Mots qui peut .comme toi, prendre nn si noble essor ,

Et de tous les mêlant tirer des veines d'or T

Que d'auteurs , en suivant Despréaui et Pfndare ,

Se sont fait no destin commun «ec Icare!

De tons ces beaux laurier* qu'ils ont cherches en vain ,

Je ne vent qu'une feuille offerte de ta main :

Sije l'ai méritée, et qoelu me la dormes,

Ce présent sur mon front yaud ru mille couronnas;

Eip<

In si tu

C'est par cet endroit seul qu'on pourra me louer. Rinitiao.

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