‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 343 sur 1244 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MÉNECHME , en dnfl ; VALENTIN.

VALENTIN

A la Un vous voilà, monsieur. Depuis long-temps, Pour tenir ma parole, ici je vous attends.

MÉNBCHME.

Oui vraiment me voilà ; mais j'ai cru , de ma vie ,

Ne pouvoir arriver à votre hôtellerie.

Quel pars ! quel enfer ! J'ai fait cent mille tours ;

Je n'ai jamais couru tant de risque en mes jours. On ne peu t faire un pas que l'on ne trouvé un piège : Partout quelque filou m'investit et m'assiège. Là, l'épée à la. main, des archers malfaisants,' Conduisant leur capture, insultent les passants. Un fiacre,, me couvrant d'un déluge de boue , Contre le mur voisin m'écrase de sa roue , Et, voulant me sauver, des porteufs inhumains De leur maudit bâton me donnent dans les reins. Quelbruit confus! quels cris! Je crois qu'encette ville Le diable a pour jamais élu son domicile.

Oh 1 Paris est un lieu de tumulte et d'éclat.

MBNJiCHME.

Comment! J*aimerois mieux cent foi s être au sabbat. Un bois plein de voleurs est plus sur. Ma valise. Contre la foi publique, en arrivant, m'est prise; On la change en nne antre, où ce qui fut dedans, A le bien estimer, ne vaut pas quinze francs : Des billets doux de femme y sont pour toutes bardes.

VALENTIN

II faut en ce pays être un peu sur ses gardes.

M ES ECHUE.

Je ne le vois que trop. Suffit , ce coup de main Me rendra désormais plus alerte «t plus fin. Heureusement encor, laissant ma malle au coche, J'ai mis fort prudemment mon argent dans ma poche .

VALENTIN."'

En toute occasion on voit les gens d'esprit. Je vous ai , dans ce lieu , fait préparer un lit , Dans u'h appartement fort propre et fort tranquille. Comptez-vous de rester long-temps en cette ville ?

HÉNECHME.

Le moins que je pourrai ; Je n'ai pas trop sujet De me louer fort d'elle et d'être satflYait. Je viens m'y marier.

YÀLBNTIH.

C'est pourtant uns affaire Que l'on ne conclut pas en un jour, oVordinaire.

■BRBCHME.

J'y viens pour prendre aussi soixante mille écus , Qu'un oncle que j'avois , et qu'enfin je n'ai plus , Attendu qu'il est mort, par grâce Singulière , M'a laissé depuis peu, comme à son légataire.

» VALBNTIN.

Tout est-il pburvous seul , monsieur?

MÉNBCHHE.

Assurément.

La guerre m'a défait d'un frère heureusement. Depuis près de vingt ans , à la finir de son âge , Il a de l'autre monde entrepris le voyage , Et n'est point revenu.

VALENTIN

Le Ciel lui fasse paix ,

OEUVRES DE REGNARD

Et dans tous vos desseins vous dorme un plein succès! Si vous avez besoin de mon petit service , Vous pouvez m'employer, monsieur, à tout office : Je connais tout Paris , et je suis toujours prêt A servir mes amis sans aucun intérêt.

UÉ NE CHUS.

Ne sauriez-vous me dire où loge un certain homme, Unhonnê te bourgeois, quaDémophon l'on nomme?

Démophonf *

MÉNECHME

Justement , c'est ainsi qu'il a nom.

YALENTIET.

Qni peut vous enseigner mieux que moi sa maison? Nous irons. Avez- vous avec lui quelque affaire ?

MÉNECHME

Oui. Satip'ee-voUs encore où demeure un notaire Qu'on nomme Robertin?

YALE!rTI!f.

An ! vraiment , je le croi Vons ne pouviez pas mieux vous adresser qu'à moi Il est de mes amis , et nous irons ensemble.

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