LES MÉNECHMES, ACTE III, SCÈNE IX
ait
De notre conférence interrompre le cours. Se peut-il que si tôt vous perdiez la mémoire ?
KÉft ECHUE.
Nous rêvons, vous oumoi. Quoi! vousmeferez croire Quej'ai vu votre fille P En quel temps ? comment ? où ?
DÉMOPHOH.
Tout-à-l'heure , en ces lieux.
mbskchxe.
Allez, vous êtes fou:
C'est me faire passer pour on visionnaire ; Et ce début, tout franc, ne me satisfait guère. Quoi qu'il en soit enfin , à présent je la vois; Que ce soit la première ou la seconde fois , Il importe fort peu pour notre mariage.
DÉMOPHON, BM.
Cet homme , dans l'abord, me paroissoit plus sage.
HÉNECHMB.
Madame , on m'a vanté , par écrit , vos appas : J'en suis assez content ; mais j'en fais peu de cas , Quand l'esprit ne va pas de pair avec les charmes. C'est a vous là-dessus à guérir mes alarmes : J'en dirai mon avis quand vous aurez parlé.
ISABELLE , É put.
Je ne le connois plus, son esprit s'est troublé. trime nu.
J'aime les gens d'esprit plus que personne enFrance: J'en ai du plus brillant, et le tout sans science. Je trouve que l'étude est le parfait moyen De gâter la jeunesse, et n'est utile à rien; Aussi je n'ai jamais mis le nez dans un livre: Et quand un gentilhomme, en commençant a vivre, Sait tirer en volant, boire, et signer son nom , Il est aussi savant que défunt Cicéroo.
DBMOPHO».
Prendrez-vous une charge à la cour, à l'armée ?
HENECHME.
Mon âme dans ce choix est indéterminée.
La cour auroit pour mot d'assez pnissants appas,
Si la sujétion ne me fatiguoit pas.
La guerre me feroit d'ailleurs assez d'envie ,
Si des gens bien verses en l'art d'astrologie
Ne m'avoient assuré que je vivrai cent ans :
Or, comme les guerriers vont peu jusqu'à ce temps,
Quoique mon nom fameux pût voler dans l'Europe,
Je veux, si je le puis, remplir mon horoscope.
Oh! j'aime à vivre, moi.
Vous êtes de bon sens.
ISABELLE, bat.
Quel discours ! quel travers ! Est-ce lui quej'entends ?