‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 438 sur 1244 · LE LEGATAIRE UNIVERSEL, ACTE V, SCENE VII · texte numérisé non relu

LE LEGATAIRE UNIVERSEL, ACTE V, SCENE VII

6SR0KTB.

Lisette, parle donc. .

LISETTE

Crispin , parle en ma place ; Je sens , dans mon gosier, que ma voix s'embarrasse.

crispin , à Gtamte.

Je pourrois là-dessus tous rendre satisfait; Nul ne sait mieux que moi la vérité du fait.

assoira.

J'ai fait mon testament?

caispin.

On ne peut pas vous dire Qu'on vous l'ait vu tantôt absolument écrire ; Mais je suis très-certain qu'au lieu ' où vous voilà , Un homme , à peu près mis comme vous êtes là ; Assis dans un fauteuil auprès de deux notaires , A dicté mot à mot ses volontés dernières. "

Je n'assurerai pas que ce fut vous. Pourquoi ? C'est qu'on peut se tromper. Mais c'étoit vous , ou M. scrupule, à Gérante. [ moi.

Bien n'est plus vér itabl e, et vous pouvez m'en croire.

DEBOUTE

Il faut donc que mon mal m'ait dté la mémoire ;

Et c'est ma léthargie.

CBISFIN.

Oui , c'est elle eu effet.

lisbttb.

N'en doutez nullement : et, pour prouver le fait , Ne vous souvient-il pas que , pour certaine affaire , Vous m'avez dit tantôt d'aller chez le notaire?

Oui.

LISETTE

Qu'il est arrivé dans votre cabinet; Qu'il a pris aussitôt sa plume et son cornet, Et que vous lui dictiez à votre fantaisie?

G-ÉHON'IE.

Je ne m'en souviens point.

LISETTE

C'est votre léthargie.

Ne vous souvient-il pas, monsieur, bien nettement , Qu'il est venu tantôt certain neveu normand , Et certaine baronne, avec un grand tumulte Et des airs insolents , chez vous vous faire insulte?

&EBOHTE.

Oui.

CRISPIN

Que , pour vous venger de leur emportement ,

Vous m'avez promis place en votre testament , Ou quelque bonne rente au moins pendant ma vie?

GBBONTB.

Je ne m'en souviens point.

CRISPHf.

C'est votre léthargie.

OBXONTB.

Je crois qu'ils ont raison , et mon mal est réel.

LISBTTB.

Ne vous souvient-il pas que monsieur Clistorel...

ERA.BTB.

Pourquoi tant répéter cet interrogatoire ? Monsieur convient de tout, du tort de sa mémoire. Du notaire mandé , du testament écrit.

(JKBOHTE.

Il faut bien qu'il soit vrai , puisque chacun le dit. Mais voyons donc enfin ce que j'ai fait écrire.

CBISFIN , l put.

Ah ! voilà bien le diable.

H. SCBUHILB.

Il faut donc vous le lire, pus ,

■ Fut présent devant nous , dont les noms sont au • Maître Mathieu Géronte, eu son fauteuil à bras, « Étant en son bon sens , comme on a pu cofluottre

■ Par le geste et maintien qu'il nous a faitparoître;

■ Quoique de corps malade , ayant sain jugement;

■ Lequel, après avoir réfléchi mûrement

■ Que tout est ici-bas fragile et transitoire...

CRISPIH.

Ah I quel cœur de rocher, et quelle âme assez noire Ne se fendroit en quatre , en entendant ces mots ?

LISETTE-

Hélas 1 je ne saurois arrêter mes sanglots.

GBHONTE.

En les voyant pleurer, mon âme est attendrie. La, la, consolez-vous; je suis encore en vie.

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