‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 439 sur 1244 · SCRUPULE, continuât de lire · texte numérisé non relu

SCRUPULE, continuât de lire

■ Considérant que rien ne reste en même état, a Ne voulant pas aussi décéder intestat.

CJKISFIH.

Intestat!—

LISETTE

Intestat!... Ce mot me perce l'âme.

M. SCRUPULE

Faites trêve un moment à vos soupirs, madame, g Considérant que rien ne reste en même état, <• Ne voulant pas aussi décéder Intestat...

CRISPIN

Intestat !...

Intestat I...

H. SCRUPULE

Mais laissez-moi donc lire ; Si vous pleurez toujours , je ne pourrai rien dire.

OEUVHES DE REGNARD.

• A fait , dicté , nommé , rédigé par écrit « Son susdit testament, en la forme qui suit.

GÉROKTR.

De tout ce préambule et de cette légende , S'il m'en souvient d'un mot , je veux bien qu'on me lisbtte. [pende.

C'est votre léthargie.

CHISPIN.

Ah ! je vous en répond.

Ce que c'est que de nous ! Moi , cela me confond.

M. SCRUPULE, Uwil.

■ Je veux , premièrement , qu'on acquitte mes det-

gébonte. [ tes.

Je ne dois rien.

H. SCRUPULE

Voici l'aveu que vous en faites :

■ Je dois quatre cents francsà mon marchand devin,

• Un fripon qui demeure au cabaret voisin.

GÉKOWTB.

Je dois quatre cents francs ! C'est une fourberie.

CHISPIN . a Gérante.

Excusez-moi , monsieur, c'est votre léthargie. Je ne sais pas au vrai si vous les lui devez-. Biais il Die les a , lui , mille fois demandés.

GBR05TE.

C'est un maraud , qu'il faut envoyer en galère.

gbispin.

Quand ils y seroient tous, on ne les plaindroit guère.

H. SCRUPULE, Ibaot.

• Je fa» mon légataire unique, universel,

• Éraste mon neveu.

ÉBASTE.

Se peut-il?... Juste Ciel!

M. SCBUPULE , UudL

« Déshéritant, en tant que besoin pourroit être,

« Parents, nièces, neveux, nés aussi bien qu'ànat-

■ Et même tons bâtards, a qui Dieu fasse paix, [tre,

• S'il s'en trou voit' aucuns au jour de mon décès.

GÉBOKTg.

Comment! moi des bâtards?

CKWPIN, toérouic.

C'est style de notaire.

GÉ BONTE

Oui, je voulois nommer Éraste légataire.

A cet article-là , je vois présentement

Que j'ai bien pu dicter le présent testament.

M. SCRUPULE, lisant.

« Item. Je donne et lègue, en espèce sonnante ,

■ A Lisette...

LISETTE

Ah! grands dieux!

M. SCBUPULE . Usant.

■ Qui me sert de servante ,

■ Pour épouser Crispin en légitime nœud ,

■ Deux mille écus.

CRISPIN , a Gérante.

Monsieur... en vérité... pour peu.., Non... jamais... car enfin... ma bouche... quand j'y Jeme sens suffoquer parla reconnoissance. [pense...

(iLfewtn,] Parle donc.

LISETTE, embrassant Geronte.

Ah! monsieur...

GÉBONTB.

Qu'est-ce à dire cela?

Je ne suis point l'auteur de ces sottises-là. Deux mille écus comptant !

LISBTTB.

• Quoi ! déjà , je vous prie, Vous repenti riez- y ou s d'avoir fait œuvre pie? Une fille nubile , exposée au malheur,

Qui veut faire une fin en tout bien , tout honneur, Lui refuseriez -vous cette petite grâce?

GERONTE.

Comment! six mille francs ! quinze ou vingt écus, Lisette. [passe.

Les maris aujourd'hui, monsieur, sont si courus! Et que peut-on, hélas! avoir pour vingt écus?

On a ce que l'on peut, entendez-vous, m 'amie? Il en est à tout prix.

(an notaire.) Achevez, je vous prie.

H. SCBUPULB.

• Item. Je donne et lègue ...

crispin, à pan.

Ah ! c'est mon tour enfin.

Et l'on va me jeter...

H. SCBUPULB.

■ A Crispin...

(Criapin ae tait petit.) GÉKONTE, regardant Criapin.

A Crispin!

M. SCRUPULE, Usant.

« Pour tous les obligeants , bons et loyaux services

• Qu'il rend à mon neveu dans divers exercices , ■ Et qu'il peut bien encor lui rendre à l'avenir..

GERONTE.

Où donc ce beau discours doit-il enfin venir? Voyons.

H. SCRUPULE, Usant.

■ Quinze cents francs de rentes viagères,

• Pour avoir souvenir de moi dans ses prières. ■

CRISPIN, se prosternant aux pleda de Géronfe.

Oui , je vous le promets , monsieur, à deux genoux,

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