M. BREDOUILLE
Ne me la faites donc pas ; il n'est point ici question d'anatomie. EsW» que le testament ne yous a pas réjouie? Il y a là deux item qui valent chacun une comédie. Et cette veuve , morbleu , cette veuve, n'est-ellepas à manger? Ce Poisson est plaisant , il me divertit : j'aime à rire, moi ; cela me fait faire digestion.
OEUVRES DE REGNÀRD.
LA COMTESSE
Et c'est justement la scène de là veuve qui m'a donné un dégoût pour la pièce ; j'ai une antipathie extrême pour cet habit ; et, si mon mari mouroit aujourd'hui , je me remarierais demain pour n'être pas obligée de me présenter ' sous un si lugubre équipage. Je crois que je ne ferois pas mal dès à présent de choisir quelqu'un pour lui succéder. Qu'en dis-tu, marquis?
LE MABQUIS.
Ce serait très-bien fait.
LA COMTESSE
Et que dites-vous, s'il vous plaît, de ce gentilhomme normand , monsieur Alexandre Choupille, de l'enfant posthume , du Clistorel , et de la servante qui ne veut pas être interloquée ?
M. BBEDOUILLE.
Èh bien! interloquée, interloquée! où est donc le grand mal i N'ai-je pas été interloqué , moi qui ▼oui parle , dans uu procès que j'ai avec un de mes fermiers F
LA COMTESSE
Eh ! fl donc , monsieur I fi donc !
M. BBEDOUILLE.
Pour moi , je n'y entends pas tant de façon ; quand une chose me plaît, je ne vais point m'alambiquer l'esprit pour savoir pourquoi elle me plaît.
LE MABQUIS.
Monsieur parle de fort bon sens.
H. BBEDOUILLE.
Madame la comtesse, par exemple , je ne la détaille point par le menu ; il suffit qu'elle me plaise en gras : je n'examine point si elle a les yeux petits, le nez rentrant, la taille renforcée'; elle me plaît, je n'en veux point davantage.
LA COMTESSE , le coutrefelaant.
Monsieur Bredouille a raison ; car, voyez- vous, une f eut mc.es t comme une comédie; il y a de l'intrigue, du dénouement. Monsieur Bredouille, par exemple , je n'examine point s'il est gros eu menu , gras ou maigre ; il a de bon vin , on le va voir : en faut-il davantage? N'est-il pas vrai, marquis?
LE MARQUIS
Qui , rien n'est plus clair que ce raisonnement-là.
' M. BBEDOUILLE.
Madame, je suis votre serviteur. Je vais souper à la Place-Royale, où nous devons attaquer un aloyau dans les formes ; et je serais au désespoir que la scène commençât sans moi.
' La plupart deianctamfi&imuosporlciit! Pour n'étrtpai bHçée de me isriisSRTii tout un H lugubre équipage. ■ Ftnforeée est conforme A l'édition originale de 1TM , et à
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La COMTESSE, biaiouilUd.
. C'est très-bien fait, monsieur Bredouille; ne manquez pas d'en couper une douzaine de tranches à mon intention , et de boire autant de rasades à ma santé.