‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 494 sur 1244 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

-ZÉNOBIE, «ute.

Impatients transports, enfants de ma vengeance , Qui jetez dans mon cœur un rayon d'espérance , Que Je me plais d'entendre , au gré de ma fureur, Murmurer votre voix dans le fond dé mon cœur ! Mais vous me flattez trop , et mon âme égarée Ne suit que la fureur dont elle est enivrée. Malheureuse princesse ! où vas-tu t' emporter ? De quel espoir trompeur te laisses-tu flatter ? Ce que tu n'as pu faire , et tant de rois ensemble , Avec tous les soldats que l'Orient rassemble, Quand ton bras s'étendoit sur cent peuples divers , Tu veux donc l'entreprendre, et seule, dans les fers, Quels secours attends-tu d'une haine impuissante? La couronne long-temps fut sur ton front flottante ; Tu n'as pu l'empêcher de tomber en éclats; Tu n'as pu conserver un seul de tant d'états ,- Et tu veuxd'un vainqueur mettre le trône en poudre ! Ton bras sur ses lauriers veut allumer la foudre ! Au milieu de son camp-, dans le sein de sa cour, Tu veux que Sabinus... Ah! fuyez sans retour , Impuissants mouvements de bonté et de colère ! Le Ciel dans mes malheurs ne veut pas que j'espère; Quand je l'implorer ois , ce ne seroit qu'en vain ; A mes vœux, à mes cris, il est toujours d'airain. Mais pourquoi do swtrailsioudrols-joenoor me pleirolref Trop contente en effet de ne pouvoir plus craindre , Je ne t'accuse point , 6 Ciel , de tes rigueurs ; Tu m'as rendue heureuse à force de malheurs ; Que) que soit le courroux dont tu m'as poursuivie , Eh me persécutant, ta fureur m'a servie; Et , pour fruit de tes coups, sans nombre confondus , Je me trouve en état de n'en redouter plus. Mais quoi! laissant en cris exhaler ma vengeance , N'aurois-je désormais que les pleurs pour défense?

OEUVRES DE REGNARD

Non , non ; s'il faut tomber , que le poids de mes fers Entraine, s'il se peut, et Rome, et l'univers; Le dessein en est pris,

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