SAPOR, ACTE III, SCENE II
ISMEHB.
Hélas! pour tant d'ardeur, pour prix de tant d'à-: Quefais-jePJe conspire à tous ravir le jour; [mour, D'un dangereux rival j'aigris la jalousie J'allume ses transporta , j'excite sa furie : Irrité d'un refus qu'il croit injurieux , Il vengera sur vous le crime de mes yeux. D'une secrète horreur mon Ime prévenue Ne jouit qu'eu tremblant du biende votre vue :[ vois, Je crains pour moi, pour vous; et, lorsque je vous Je crois toujours vous voir pour la dernière fois.
SAPOB.
Pour la dernière fois I Trop de bonté, madame, Vous presse à partager les ennuis de mon 3m e. Un prince qui n'a pu détourner vos malheurs Mérite-t-i! encor de causer vos frayeurs ? L'univers me verra, victime toujours prête, Attendre les couteaux suspendus sur ma tête : Un mot de votre bouche , un regard de vos yeux, Réparent pour toujours un sort injurieux; Et l'on oublie assez son injustice extrême , Lorsque l'on se souvient seulement qu'on vous aime.
ISMSfE.
Pour détourner les maux prêts à vous opprimer, Souvenez-vous , hélas! de ne me plus aimer.
SAPOB.
Moi, ne vous plus aimer! Ma tendresse offensée Ne soutient point l'horreur d'une telle pensée. Moi , ne vous plus aimer ! Et quel affreux démon Verseroit dans mon cœur ce funeste poison ? Pourrois-je imaginer un revers plus funeste? Je voua aime , et c'est là le seul bien qui me reste. Hélas ! j'ai tout perdu ; prêt à perdre le jour, Permettez-moi du moins de garder mon amour. Mon cœur, en vous faisant un ardent sacrifice. Du destin courrouce peut braver la malice : Pénétré de vos feux , c'est vous qui m'animez , Et je ne vis enfin qu'autant que vous m'aimez : Heureux, s'il m'est permis, en dépit de l'envie. De finir à vos pieds ma déplorable vie !
' ISMÈNE
Hélas ! qu'avez-vous fait ?