SCÈNE PREMIÈRE
SAPOR , 1SMENE.
SiPOH.
EsT-il vrai? lecroïrai-je, adorable princesse?
Quoi ! votre cœur encor dans mon sort s'intéresse ! Trahi de tous côtés , vaincu de toutes parts, Je puis, sans vous blesser , m'offrir à vos regards! Vous me TOyei uni peine; et cet jeux plein* de diannet Daignent pour moi s'ouvrir et répandre des larmes ! Pour moi vous préférez la honte de vos fers Aux honneurs éclatants de cent sceptres offerts ! Un mot changeoit l'état de votre destinée; Vous remontiez au trône auquel vous étiez née ; Et le Ciel aujourd'hui , par un juste retour, Vengeoit les coups du sort par les coups de l'amour. Cependant , plus sensible au feu qui vous inspire , Vous abandonnez tout, gloire, grandeurs, empire, Pour qui ? pour un captif accablé de malheurs , Qui ne peut désormais vous offrir que des pleurs, D'un trône abandonné frivole récompense; Et, pour comble d'ennui (j'en rougis quand j'y pense], Ce prince aimé de vous , que vous favorisez , P4e vous rendra jamais ce que vous refusez.
ISHBNB.
Ah ! prince , dès long-temps par le sort poursuivie , J'ai prévu les malheurs qui menaçoient ma vie; Et j'ai toujours bien cru qu'il falloit m'exercer Au mépris des grandeurs où j'allois renoncer. Je m'en suis déjà fait une longue habitude : Mais mon coeur à changer n'a point mis son étude , Et je n'ai jamais cru devoir l'accoutumer Au malheur imprévu de ne vous point aimer. Peut-être à mon amour me laissé- je séduire : Mais , à quelque grandeur où m'élève l'empire, Le don de votre cœur, cher prince, est à mes yeui , Un présent mille fois encor plus précieux.
SAPOB.
Songez-vousquijesuis? Ah! princesse charmante, Mon âme en ce moment sur mes lèvres errante ,
Pour s'échapper de moi, n'attend plus qu'un soupir? C'est trop pour un mortel ressentir de plaisir : Arrétaj-ces torrents où mon âme se noie , Et SaporVest pas fait pour expirer de joie.
ISMÈNB.
Hélas ! que ces plaisirs vous coûteront de pleurs! Mon amour est pour vous le dernier des malheurs ; Craignez que l'empereur...
Hé! que pourrois-je craindre.1 Est-il quelque revers dont je puisse me plaindre? Hélas! quand une fois on a vu vos appas ■ , Il n'est plus d'autre mai que de ne vous voir pas, Plus de bien que d'avoir un coeur tendre, et capable De vous aimer autant que vous êtes aimable.
> On Ut du» l'ÉdiUou de ITM I