‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 511 sur 1244 · AURÉLIEN, ISMÈNE, FIRMIN, THÉONE · texte numérisé non relu

AURÉLIEN, ISMÈNE, FIRMIN, THÉONE

aubélKn.

Ah I c'est trop de licence; C'est trop par des raisons fatiguer m a constance :

Laissons de mon courroux ralentir les éclats. Autant que l'on me hait !...

ISMBNE.

Ah 1 ne le croyez pas.

AUflÉLIEX.

Je ne le crois que trop: mais si Ton me dédaigne, Par de plus sûrs moyens j'obtiendrai qu'on me crai- Redoutez les transports d'un aveugle courroux; [gne. Tremblez pour lui, madame, et peut-être pour vous. L'un et l'autre à mes yeux est déjà trop coupable , Lui de vous trop aimer, vous d'être trop aimable, Je ne vois en Sapor qu'un criminel d'état; Tout demande sa mort , l'armée et le sénat ; Ce n'est plus un rival que mon courroux opprime , Je dois à l'univers cette grande victime ; Et je rends grâce au Ciel de pouvoir, en un jour, Satisfaire ma gloire et venger mon amour.

1SMÈNE.

Non , le Ciel ne veut point une telle injustice: S'il vous demande encore un nouveau sacrifice, Qui retient votre bras? Frappez, qu'attendez-vous? Voilà le cœur qui doit expirer de vos coups.

AUBÉLIBN.

Déjà Sapor dorait être réduit en poudre; Mais je veux quelque temps suspendre encor la fou- Je fais plus , je vous fais arbitre de son sort; [dre : Vous tenez dans vos mains et sa vie , et sa mort : Allez le voir, madame, et lui faites entendre Qu'aux droits de votre cœur il ne doit plus prétendre; Que vos feux à jamais pour lui sont consumés , Et qu'enfin aujourd'hui c'est moi que vous aimez.

ISMBNB.

Il mourra donc , grands dieux ! Quoi ! ma bouche Pourra lui proférer ce discours parricide ! (perfide Et , quand je le pourrai s , ah ! ne Seroit-ce pas , Loin de sauver ses jours , avancer son trépas ? Puisque vous et les dieux voulez cette victime, Vous l'avez commencé , finissez votre crime : Si ta mort est l'objet de vos lâches desseins , Qu'il meure par vos coups, et non pas par les miens.

AUBBLIEN.

Enfin par la pitié ma haine retenue Peut avoir désormais toute son étendue.

Vous le voulez , madame ; et je vous ferais tort , Si je m'intéressois plus que vous à son sort. Je puis donner l'essor à ma juste vengeance; Armons-nous , punissons un rival qui m'offense; Qu'il meure. En le voyant sans vie à vos genoux , Madame , en ce moment n'en accusez que vous.

(Ut,

ISHENF, l'in-etaïU.

Ah ! seigneur, arrêtez ; je suis prête à tout faire : J'immolerai l'amour et l'amant pour vous plaire ;

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