SAPOR, ACTE III, SCENE V
Je vais lui prononcer l'arrêt de son trépas ; J'ycoure;je lui dirai que je ne l'aime pas. Que je ne l'aime pas ! Eh ! le pourra-fil croire ? Peut-être dans mes yeux il lira le contraire. Mais n'importe ; ma bouche , arrêtant leurs effets. Lui dira, s'il le faut encor, que je le liais. Que ne ferois-jfi point pour lui sauver la vie!
ÀimÉLIEN.
*Je vous figurez pas que mon âme éblouie Parmi ces sentiments n'aille se faire jour -, A travers cette haine on verra votre amour. C'est pour moi , je l'avoue , une foible victoire ; Je sais d'un tel discours ce que je ' devrai croire ; Dans cet aveu contraint , source de votre ennui , Votre bouche est pour moi , votre cœur est pour lui. Mais enfin je vaincrai l'orgueil d'un téméraire; Et, puisque vous m'dtez tout espoir de vous plaire, Je le dirai, cruelle, il m'est presque aussi doux D'être haï de lui que d'être aimé de vous.