‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 518 sur 1244 · SAPOR, ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

SAPOR, ACTE IV, SCENE III

Et que vous eussiez vu leurs sillons désolés Blanchir des ossements dont ils étoient comblés : G'étoit peu que, traînant les horreurs de la guerre. De vastes flots de sang j'eusse inondé la terre; Il me falloit encor, par de plus grands travaux , Changer l'ordre du Ciel, faire rougir les eaux , Leur apprendre à couler par des routes nouvelles. Vous le savez, vos yeux sont des témoins lidèlea : L'Oronte a vu deux fois ses flots précipites, De cadavres romains dans leur cours arrêtés , Remonter vers leur source, et cherchant un passage, S'égarer dans les champs voisins de son rivage. Quel fruit de mes travaux! grands dieux! N 'en parlons Mes regrets aussi bien seroient-ils superflus, [plus; 0 Ciel ! tu me devois un destin moins barbare. Mais calmons la fureur qui de mon cœur s'empare. Oui, madame, trahi, percé de mille traits , Je sens que je vous aime encor plus que jamais.

1SMÈNE.

Vous m'aimeriez encor ! Non, je suis trop coupable.

8APOB.

Pour ne me plus aimer, êtes-vous moins aimable?

iSMÈns.

Vengea -vous par la haine , armez votre courroux.

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