‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 526 sur 1244 · A DR EUES · texte numérisé non relu

A DR EUES

C'est trop d'un orgueilleux suspendre le supplice. Tes jours sont a leur fin. Gardes, qu'on le saisisse. F irai in , obéissez.

ISHÈNE.

Ah! s'il meurt aujourd'hui , Seigneur, ordonnez donc que je meure avec lui. Sapor... Mais il me quitte, hélas!

SAFOB.

Vous soupirez!

Vousm'aimez, et je meurs; je meurs, et vous pleurez.

'Ou lit duu l'édition de I7M t

Trop heureux en mourant de causer vos alarmes ! Et mon sang est cent fois trop payé de vos larmes. Adieu, belle princesse , adieu.

AURÉLIEN, ZÉNOBIE, ISHÈNE, THÉONE. Suite.

ishène.

Quelle injustice!

Sapor, vous me quittez pour courir au supplice. Arrête , cher amant , je vole sur tes pas , M'unir à toi du moins dans te sein du trépas: Tu ne mourras pas seul. Retirez-vous , perfides ; Laissez-moi l'arracher à des mains parricides , Et vous offrir un cœur que vous puissiez percer. Traîtres, éloignez-vous. Mais je ne puis passer. Ce n'est donc que pour moi qu'on devient pitoyable: On punit l'innocent , on pardonne au coupable.' Ab ! seigneur, suspendez un arrêt plein d'horreur ; Ordonnez de ma main , disposez de mon cœur. Par ces sacrés genoux que je tiens , que j'embrasse, Détournez sur moi seule un coup qui le menace; Au nom de ce qui fut le plus cher à vos yeux , Aunomdenotrehymen, seigneur, aunom des dietii!

ZÉNOB1B.

Finissez un discours dont ma fierté murmure, Ma fille : une faveur est pour nous une injure, Lorsque notre ennemi la dispense à nos soins ; Nouspourrions, vousetmoi, l'en haïr un peu moins. Et lesjours de Sapor, quelque amour qui nous presse, Seraient trop achetés d'une telle foiblesse.

ISHÈNE.

Madame, en ce moment, peut-être ce héros Rend les derniers soupirs sous le fer des bourreaux. Ah ! cruels , de quel sang arrosez-vous la terre ! Barbares, redoutez les éclats du tonnerre; Suspendez vos couteaux , désarmez vos fureurs. Ah! seigneur! Mais je vois vos secrètes horreurs. Non , vous ne voulez point que ce héros périsse ; Votre cœur désavoue une telle injustice : Je le sais , je le vois. Ab ! partez , courez tous , Allez vous opposer à ces indignes coups ; L'empereur vous l'ordonne, allez; j'y cours moi- Seigneur... [même.

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