SAPOR, ACTE V, SCÈNE V
Ah! barbare, c'est tous dont les secours trop lents.. .
C'est vous Sapor est mort ! O ciel .'il n'est plus
""-"' [teropsi!
Hélas !
Quelle raison près de moi te rappelle ? Le camp a-t-il déjà vu le sang d'un rebelle? Sapor vit-il encor? Quelqu'un m'a-t-il trahi ? Explique- toi.
Seigneur, vous êtes obéi ; Et sa mort dans ces lieux est déjà répandue. Sapor s'étoit soustrait à peine à votre vue , Que, brûlant d'arriver au lieu de son trépas, Son ardeur devant nous précipitoit ses pas ; Quaud, bientôt parvenu sous ces pompeux portiques Où des rois ses aïeux sont les bustes antiques :
• Arrêtons-nous ici , dit -il ; c'est dans ces lieux
■ Qu'à ces bustes chéris j'expose mes adieux.
■ Yous, héros, qui, couverts d'uneétemelle gloire,
• M'avez vu , comme vous , suivi de la victoire ,
■ Offert à vos regards , il doit m'étre bien doux « De répandre le sang que j'ai reçu de vous ,
« Ne l'ayant pu verser dans le sein de la guerre. » Aussitôt , d'un effort plus prompt que le tonnerre. Nous le voyons saisi du fer d'un des soldats.
■ Lâches, retirez-vous ; qu'on ne m'approche pas,
• Dit-il; je veux ici vous épargner un crime,
■ Et porter seul des coups dignes de la victime. ■ A ces mots se taisant, d'une intrépide main
Il enfonce le fer promptement dans son sein ; Il se perce, son sang par deux canaux bouillonne; Ce spectacle sanglant n'offre rien qui l'étonné; Il sent glisser en lui la mort, sans se troubler; Et lui seul, sans effroi, voit tout son sang couler: Hais bientôt , d'un visage où la mort étoit peinte. Le regard languissant , et la voix presque éteinte :
■ Je meurs enfin , dit-il , et les dieux l'ont permis ;
■ Aurélien peut vivre , il n'a plus d'ennemis.
« Vous, Ismène...]»Acemot, qu'à peineilapudire. Ce prince s'affoiblit , chancelle , tombe , expire : Je l'ai laissé , seigneur, sans forces , étendu Parmi les flots de sang qu'il avoit répandu ; Il ne vit plus enfin.
Le trépas d'un seul homme Affermit pour jamais la puissance de Rome : Je n'ai plus rien à craindre , enfin ; et , dans ce jour. J'assure , d'un seul coup , mon trône et mon amour.
IBKBNB.
Il est mort; et je vis, et je respire encore!
m lit!
il'éd
o de 173t. I
rt. clan II n'Haï plu
Et je te vois , cruel! Tu m'aimes, je t'abhorre. Ce n'est qu'avec le fer que tu touches un cœur , Monstre que les enfers ont produit en fureur ! Eloigne-toi, barbare; évite ma présence; Crains que Sapor encor ne vive en ma vengeance ' : J'aurais déjà puni tes lâches attentats , Si de ton sang impur j'osois souiller mon bras : Dans les frémissements de mon horreur extrême , Je n'ose t'approcher pour te perce*1 mai -même ; Je réserve ma main pour un plus noble emploi : Lâche , voilà le coup que je gardois pour toi. (Elle m tue.; ZÉNOBIE.
Que vois-je? juste Ciel! '
AUBÉLlBK.
Quel spectacle effroyable !
ZÉNOBIB.
L'aurois-je dû penser! Quel coup épouvantable!
«.DHÎLRH,
Ismène, hélas! Ismène...
ISMÈNK.
Ah ! ne m'approche pas ; J'irai , sans ton secours , dans la nuit du trépas ; Je te laisse, en mourant, un noble exemple à suivre: J'airoois, j'aimois Sapor, je n'ai pu lui survivre : Si tu m'aimes , suis-mot dans le séjour affreux ; Viens m'y voir dans les bras de ton rival henreux. Mais que dis-je? grands dieux! égarée, éperdue... Ah! n'y smspoint mes pas, n'y souille point nia vue; Situ t'y présentais, je voudrais le quitter' : Barbare, je ne meurs qu'afin de l'éviter.
ZÉNOBIE
Ma fille , vous mourez ! Ce coup est mon ouvrage.
0 mort infortunée ! étoit- ce à cet usage
Que ce fer malheureux dans vos mains étoit mis *?
I8MÈNB.
Madame, je fais plus que je n'avois promis. Je meurs.
ADHÉLIEN.
O coup fatal 1
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> Ce icr» s»! conforme ■ lotîtes la éditions modernes. Le pronom (f serapporlei«youc.DaiurediuoDilelTSI,etd»Dice][e
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En xlmeitint cette leçon , le pronom lit ne peut m apporter qn'J brut.
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OEUVRES DE REGNARD
Z&EIOBIK.
0 ma fille!
THBONH.