LÉONORE, RODOLPHE
LEONOBE.
Malgré toute l'ardeur qui règne dans votre âme , On vous séduit, on trahit votre flamme.
BODOLPHE.
Ah ! je m'en doutois bien ; et mes soupçons jaloux M'en avoient instruit avant vous.
LÉOHOBB.
Un autre amant , sans résistance, Remporte le prix le plus doux Que méritoit votre constance.
BODOLFHE.
Nommez-moi seulement le rival qui m'offense , Et laissez agir mon courroux.
LBOHOBB.
L'affront est égal entre nous, Je veux partager la vengeance.
Un ingrat me juroit de vivre sous mes lois ,
Je me fia ttois de ce bonheur extrême ; On se laisse aisément tromper par ce qu'on aime, Lorsque l'on est trompé pour la première fois. Ace perfide amant' Isabelle a su plaire, Et Léandre à ses yeux...
OEUVRES DE REGNARD
BODOLPHE.
O Ciel! que dites-vous?
Ensemble. Que l'amour dan s nos cœurs se transforme en colère : Vengeons-nous, hâtons nos coups; La vengeance qu'on diffère Perd ce qu'elle a de plus doux.
LtOMJRK, à part.
Et toi , sors de mon cœur, indigne et foible reste ■ D'une impuissante ardeur; Ne me parle plus en faveur D'un perfide que je déteste.
RODOLPHE . * put.
J 'étoufferai la voix d'une pitié funeste Qui crie en vain dans te fond de mon cœur.
Que l'amour dans nos cœurs se transforme en colère : Vengeons-nous, hâtons nos coups; La vengeance qu'on diffère Perd ce qu'elle a de plus doux.
BODOLPHE.
Rien ne peut s'opposer à mon impatience ; Allons , courons à la vengeance.