SUR LE MARIAGE
En ce temps malheureux où tout le genre humain, La flamme et le fer à la main, Ne travaille qu'à se défaire, On ne sauroit trop honorer Ceux qui , d'humeur plus débonnaire , Ne cherchent qu'à le réparer.
L'Hymen , pour repeupler la terre, Au lieu d'un vainhonneur que vous offre la guerre,
Vous donnera de vrais plaisirs.
On ne trouvera point votre nom dans' l'histoire :
Hais vivre au gré de ses désira Vaut bien mieux qu'une mort avec un peu de gloire.
Ne divertissez point les fonds Destinés pour la paix de votre mariage :
' Quoique cet stancea so
PailUou, de l'académie la éditeur*, en attribuant 1 ring de rem dont l[ se
Encore aurez-vous peine , usant de ce ménage, A payer toutes les façons Que demande un si grand ouvrage.
Pour être heureux époux , soyez toujours amant ;
Que , bien plus que le sacrement,
L'amour à jamais vous unisse ; Et pour faire dur» le plaisir entre vous ,
Que ce soit l'amant qui jouisse
De tout ce qu'on doit à l'époux.
Pour vivre sans débat dans votre domestique ,
Vous n'avez qu'un moyen unique;
Et je vais vous le découvrir.
Ne vous entêtez point d'Être chez vous le maître ;
Mais, si l'on veut bien le souffrir,
Contentez-vous de le parottre.
Quoi qu'on vous vienne débiter , Que rien ne vous fasse douter Que votre épouse est toujours sage , Car, sans cet article de foi, Qu'on doit croire toujours , et souvent malgré soi , Point de salut en mariage.