‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 565 sur 1244 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

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Pour passer doucement la vie Avec mes petits revenus ,

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Mademoiselle Tontine litoil granilt jonoit du clavecin parfaitement.

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POESIES DIVERSES

Ici je fonde une abbaye , Et je la consacre a Bacchus.

Je veux qu'en ce Heu chaque moine Qui viendra pour prendre l'habit, Apporte, pour tout patrimoine, Grande soif et bon appétit.

Les vœux qu'en ce temple on doit faire Ne peuvent point nous alarmer :

Long repas et courte prière.

Chanter, dormir, et bien aimer.

Renaud nous chantera mâtine, Très-courte, de peur d'ennuyer :

Je donne à Duché ' la cuisine; D'A vaux prendra soin du cellier -

Pour empêcher que les richesses Ne tentent le cœur de quelqu'un , L'argent, le vin, et les maltresses, Tous les biens seront en commun.

Chacun aura sa pénitente, Conforme à ses pieux desseins ; Et, telle qu'une jeune plante, La cultivera de ses mains.

Si la belle a quelque scrupule, Le sage directeur pourra La mener seule en sa cellule , .

Lui lever les doutes qu'elle a.

Afin qu'aucun frère n'en sorte, Et fasse sans peine ses voeux , Il sera gravé sur la porte :

Ici l'on fait cf. que l'on veut.

L'Amour, jaloux de la victoire Que Bacchus remporte en ce jour, Veut aussi partager sa gloire , Et fonder un temple à son tour.

Pour abbesse il vous a choisie ■ ; La lettre est écrite en vos yeux :

Pour être avec plaisir suivie , Pouvoit-il jamais choisir mieux?

Si nous recevons dans la troupe D'aussi belles soeurs ' désormais, Je jure, en vidant cette coupe, L'ordre, ne finira jamais.

H. Duché , Mteot d'Jbialim, mort en ITW, Mademobclle LoftM ritnée, née » Pirij en ta», » âgée dEClnqnlnte un.

Lu <leui demoiselle! I.urwn.

Voua, ma sreui" , qui, pleine de zèle, Parmi nous voulez bien venir, L'amour en ce lieu vous appelle : L'amour vous y doit retenir.

En regardant ce beau visage, Qui comme une fleur doit passer, N'en présumez pas davantage; Songez seulement d'en user.

On reçoit ici la licence De donner tout à ses désirs ; Et l'on n'y fait d'autre abstinence Que de chagrins e,t de soupirs.

Aimer, boire , point de contraintes, Chérir ses frères comme soi; Voilà nos maximes succinctes, Nos prophètes et notre loi.

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Dans ces vers beaux à merveille, Qui semblent venir du Ciel, On sent la douceur du miel Et l'aiguillon de l'abeille; Mais si l'abeille toujours Trouve la fin de ses jours Dans sa piqûre caustique , Damon, dis-moi par quel sort Ici ton aiguillon pique Seulement après ta mort?

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