SCENE PREMIERE
LÉANDRE , LOLIVE.
LOLIYE.
Ha foi (car je vous puis parler avec franchise) Nous faisons l'un et l'autre une grande sottise; Etcroyez-moi, monsieur, pour de moindres raisons, On a mis bien des gens aux Petites-Maisons.
LÉANDRE
C'est bien à toi , maraud , de blâmer ma conduite.
LOLIVE.
Si j'ose la blâmer, c'est que j'en crains la suite. Je voudrofs bien pouvoir retirer mon enjeu , Et vous feriez fort bien d'en faire autant. Le feu
N'est pal encor bien graod; mais jongei qu'il faut craindre Qu'il ne prenne si bien qu'on ne puisse l'éteindre.
LEANDBB.
Tais-toi.
Je me sens là remuer dans le coeur Certain je ne sais quoi qui me prédit malheur. N'avez-vous point aussi quelque trouble dans l'âme? Damon est beau, bien fait, votre maîtresse est fem- Et Nérîne , et Crispin. .. Ah ! pour notre repos, [me; Nous avons là choisi deux étranges rivaux ! Qui peut vous assurer que , s'ils venoient à plaire , Ils nous feraient de tout un récit bien sincère ? Nous risquons diablement votre honneur et le mien: Ils se feront aimer, et nous n'en saurons rien.
lé and as.
Je conaois de Damon le cœur et la franchise , Et ne crains de sa part foiblesse ni surprise.
LOLIVE.
Moi, j'ai peur .que Crispin d'un objet trop chéri Ne soit l'amant discret , moi le triste mari.
LEAKDBE.
Oh ! finis ; laisse là tes ridicules craintes.
LOUVE
Par avance, monsieur, je vous porte mes plaintes , Et souhaiterais fort que ces réflexions. ..
LEANDRE
Encor? Garde pour toi tes sottes visions. Ce fou ne laisse pas de me remplir la tête D'objets fâcheux.
LOLIVE.
Ce fou , monsieur, n'est pas trop béte. Hais Nérîne en ce lieu vous cherche apparemment.