LE CURIEUX IMPERTINENT, ACTE III, SCENE
Je t'adore.
NÉRÎNE. le
Des soupirs autant que tu voudras ; Hais pour des baisers , non , ne m'en demande pas.
CRISPIN , fièrement.
A ton vainqueur! Je parle, oses-tu t'en défendre? Allons, point de quartier; captive, il faut se rendre.
NEMÏE, lui donnant un soufflet.
Un insolent vainqueur est ainsi respecté.
GIIBPIH,
Un soufflet sur ma joue ! un vainqueur souffleté ! Un peu trop loin, morbleu ! la pudeur vous emporte. Traitez-vous quelquefois Lolive de la sorte P
NÉBIITC.
Non, car Lolive est sage, et d'un sot compliment N'a jamais mérité le juste châtiment :
Mais pour toi, qui m'as pris pour une de ces folles Que l'on surprend arec de bruyantes paroles , Des airs extravagants , des gestes affectés , Ressource et seuls talents de cerveaux démontés. Inventeur d'un jargon qui n'est qu'à leur usage; Si tu crois m'imposer par leur fade étalage. Tu te trompes bien fort; compte sur cent soufflets, Si sur un pareil ton tu me parles jamais.
CRISPIN
Parbleu I mon ton étoit plus plaisant que le vôtre.
NB1INE.
Avec vous cependant je n'en prendrai point d'autre. Adieu , mon cher.
CRISPIN, Mai
La femme est un traître animal !
Si mon maître est reçu d'un air aussi brutal , Nous voilà bien payés de notre complaisance ! Parmafoi,jevoudrois qu'il eût la même chance; Je n'en saurais douter, puisqu'on m'a rebuté; Et je crois le valoir, sans nulle vanité.