‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 604 sur 1244 · SCÈNE T · texte numérisé non relu

SCÈNE T

julie, damon, nérine, crispin.

damon.

Vous me fuyez, madame! Hé! daignez arrêter.

Je ne veux vous parler, ni tous voir de ma vio.

CRISPIN, I Nerlne.

La belle souffletai se...

NERINS.'

Ote-toi , je te prie.

Je ne mérite point ce violent courroux.

CRISPIN, » Nérine, Je suis lefilus lésé; mais raccommodons-nous.

JOLIE, 1 Damon.

Votre importunité me fatigue et m'outrage.

NÉRINE, à Grtapin.

Mon courroux contre toi s'irrite et devient rage.

CRISPIN

H est donc à propos de te parler de loin.

DAVOS. .

Madame I

JULIE

Vous prenez un inutile soin.

CBISP1N.

Il faut avoir le cœur bien dur et bien arabe.

DAMON

Je ne dirai qu'un mot.

CBISPIN.

Et moi , qu'une syllabe.

NKBINB.

Ce ne sera pas là de quoi nous ennuyer. Écoutons-les , madame. ,

JULIE

Oses-tu m'en prier?

NBBINB.

Sûres de ne fâcher Lolive ni Léandre , Le grand malheur au fond , pourquoi nous en dédamon. [fendre?

L'aveu de mon amour vous a tantôt déplu , A m'éloigner de vous je m'étois résolu ; Et, quoique pénétré de la plus- vive flamme , Ce valet peut vous dire...

CB.ISPÏN.

Oui , nous partions, madame ; Outré de vos refus, moi piqué d'un soufflet. Même dépit chassoit le maître et le valet , Et nous allions tous deux au fond de la Champagne Attendre le printemps pour rentrer en campagne.

Madame, de mes feux par moi-même éclaire! , C'est Léandre...

■ Comment?

SAVON

Qui me retient ici.

JULIE

Léandre est informé par von»...

DAMON

De ma tendresse , Et son coeur généreux excuse ma foiblesse ; Il me plaint, me console , et sa tendre amitié De l'état où je suis lui fait avoir pitié.

NÉBINE.

Vous avez un amant bien tendre et pitoyable.

Lolive en fait de même , ou je me donne au diable.

DAMON

Ah! lorsque je vous ai découvert mon amour. Madame, ai-je compté sur le moindre retour? L'avez-vous cru ? Forcé de rompre le silence , Je n'ai point soupçonné votre cœur d'inconstance. Est-ce un crime d'aimer, d'adorer vos appas , Quand même mon rival ne s'en offense pas? [dre? Du beau feu que je sens qu'avez-vous lieu decrain- Laissëz-te s'exhaler, le temps pourra l'éteindre.

Votre ami connoît trop votre cœur et le mien. Et nous estime trop pour s'alarmer de rien.

JULIE

Damon , avec grand art votre bouche s'exprime. Je veux bien ne plus voir votre amour comme un Mais... [crime:

Sur ce pied, madame, il n'a pas si grand ton Que vous et moi l'avions imaginé d'abord.

CBISPIS.

Ht moi. Mal à propos , en faveur de Lolive , Ta main sur mon visage a pris l 'affirmative.

JULIE

Mais comme enfin l'amour peut se nourrir d'espoir. Il faut , pour l'étouffer, renoncer à me voir.

DAMON

Renoncera vous voir! Moi, divine Julie!

Commandez que plutôt je renonce à la vie.

Hé bien! vous me verrez, mais à condition Que si jamais un mot , si la moindre action , Un soupir, un regard, un geste voua échappe. Si trop d'empressement, si trop de soin me frappe...

DAMON

Ah Ciel! quelle contrainte exigez-vous de moi !

JULIE

De ce que je vous dis faites-vous une loi ; 11 faut me le promettre , et me tenir parole.

CBISFIN, à Nérine.

Me veux-tu faire aussi jouer le même râle ?

JULIE

Et si vous y manquez , vous pouvez désormais De ma plus forte haine être sur pour jamais.

DAHON.

Il faut vous obéir pour ne pas vous déplaire , Et mourir de douleur si je ne puis me taire.

Mais, Nérine, pour moi qui suis grand babillard , Si je me tais long-temps, ce sera grand hasard : Ne pourrois-je parfois, afin qu'il t'en souvienne, Te dire que je t'aime?

Oh I ce n'est pas la pane.

La diable, quand quelqu'un noua a parlé d'amour, Nous en fait souvenir plus de cent fois par jour.

DAMON, CRISPIN

aurait.

Ce que nous leur disons , le diable leur répète? Noos aurons là tous deux un fort bon interprète.

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