SCÈNE T
julie, damon, nérine, crispin.
damon.
Vous me fuyez, madame! Hé! daignez arrêter.
Je ne veux vous parler, ni tous voir de ma vio.
CRISPIN, I Nerlne.
La belle souffletai se...
NERINS.'
Ote-toi , je te prie.
Je ne mérite point ce violent courroux.
CRISPIN, » Nérine, Je suis lefilus lésé; mais raccommodons-nous.
JOLIE, 1 Damon.
Votre importunité me fatigue et m'outrage.
NÉRINE, à Grtapin.
Mon courroux contre toi s'irrite et devient rage.
CRISPIN
H est donc à propos de te parler de loin.
DAVOS. .
Madame I
JULIE
Vous prenez un inutile soin.
CBISP1N.
Il faut avoir le cœur bien dur et bien arabe.
DAMON
Je ne dirai qu'un mot.
CBISPIN.
Et moi , qu'une syllabe.
NKBINB.
Ce ne sera pas là de quoi nous ennuyer. Écoutons-les , madame. ,
JULIE
Oses-tu m'en prier?
NBBINB.
Sûres de ne fâcher Lolive ni Léandre , Le grand malheur au fond , pourquoi nous en dédamon. [fendre?
L'aveu de mon amour vous a tantôt déplu , A m'éloigner de vous je m'étois résolu ; Et, quoique pénétré de la plus- vive flamme , Ce valet peut vous dire...
CB.ISPÏN.
Oui , nous partions, madame ; Outré de vos refus, moi piqué d'un soufflet. Même dépit chassoit le maître et le valet , Et nous allions tous deux au fond de la Champagne Attendre le printemps pour rentrer en campagne.
Madame, de mes feux par moi-même éclaire! , C'est Léandre...
■ Comment?
SAVON
Qui me retient ici.
JULIE
Léandre est informé par von»...
DAMON
De ma tendresse , Et son coeur généreux excuse ma foiblesse ; Il me plaint, me console , et sa tendre amitié De l'état où je suis lui fait avoir pitié.
NÉBINE.
Vous avez un amant bien tendre et pitoyable.
Lolive en fait de même , ou je me donne au diable.
DAMON
Ah! lorsque je vous ai découvert mon amour. Madame, ai-je compté sur le moindre retour? L'avez-vous cru ? Forcé de rompre le silence , Je n'ai point soupçonné votre cœur d'inconstance. Est-ce un crime d'aimer, d'adorer vos appas , Quand même mon rival ne s'en offense pas? [dre? Du beau feu que je sens qu'avez-vous lieu decrain- Laissëz-te s'exhaler, le temps pourra l'éteindre.
Votre ami connoît trop votre cœur et le mien. Et nous estime trop pour s'alarmer de rien.
JULIE
Damon , avec grand art votre bouche s'exprime. Je veux bien ne plus voir votre amour comme un Mais... [crime:
Sur ce pied, madame, il n'a pas si grand ton Que vous et moi l'avions imaginé d'abord.
CBISPIS.
Ht moi. Mal à propos , en faveur de Lolive , Ta main sur mon visage a pris l 'affirmative.
JULIE
Mais comme enfin l'amour peut se nourrir d'espoir. Il faut , pour l'étouffer, renoncer à me voir.
DAMON
Renoncera vous voir! Moi, divine Julie!
Commandez que plutôt je renonce à la vie.
Hé bien! vous me verrez, mais à condition Que si jamais un mot , si la moindre action , Un soupir, un regard, un geste voua échappe. Si trop d'empressement, si trop de soin me frappe...
DAMON
Ah Ciel! quelle contrainte exigez-vous de moi !
JULIE
De ce que je vous dis faites-vous une loi ; 11 faut me le promettre , et me tenir parole.
CBISFIN, à Nérine.
Me veux-tu faire aussi jouer le même râle ?
JULIE
Et si vous y manquez , vous pouvez désormais De ma plus forte haine être sur pour jamais.
DAHON.
Il faut vous obéir pour ne pas vous déplaire , Et mourir de douleur si je ne puis me taire.
Mais, Nérine, pour moi qui suis grand babillard , Si je me tais long-temps, ce sera grand hasard : Ne pourrois-je parfois, afin qu'il t'en souvienne, Te dire que je t'aime?
Oh I ce n'est pas la pane.
La diable, quand quelqu'un noua a parlé d'amour, Nous en fait souvenir plus de cent fois par jour.
DAMON, CRISPIN
aurait.
Ce que nous leur disons , le diable leur répète? Noos aurons là tous deux un fort bon interprète.