JULIE, DAMON, NERINE , CRISPIN
Juge?. , Damon , de l'état OÙ je suis, Et par ce que je fais , connoissez mes ennuis. Je viens vous chercher, moi qui viens de vous dé- De me voir. [fendre
DAMON
Quel sujet vous oblige...
nri.ii.
Léandre
Nous a fait, par Loiive, un récit concerté,-
Qui ne contenoit pas un mot de vérité.
Son père est en Bretagne , et non pas en Touraine.
DAMON
Est-il possible?
JULIE
Oui , vous le croirez sans peine , Lorsque vous aurez lu ta lettre qu'il écrit , Dont le style naïf dément tout ce récit : Lisez.
UAMON lit.
« Mon. cher ami , je vous écris de Rennes , - Où , pour un assez gras procès , ■ Je reste depuis six semaines.
• J'en attends un heureux succès.
« Léandre m'a mandé que vous étiez malade ;
■ Que la belle Julie avoit la fièvre aussi : « Mais ce ne sera rien , et je me persuade
« Que vous vous portez bien àprésent.Dieunierci.
« Pour moi, je suis d'une santé parfaite-, • Et comme mon ami , par qui je voua écris ,
« Demeurera peu de temps à Paris , « Dès qu'il y sera , je souhaite Qu'il assiste à la noce, ou qu'il la trouve faite :
■ Pour peu qu'elle tardât, je serais fort Surpris.
<• Je suis toujours , avec estime , " Votre.... et cœtera, très-intime,
■ LlSIMON. »
JtLBj, à Damoa.
Au lieu de tout cela , Léandre nous fait croire Que son père est malade , et nous forge une histoire Pour différer la noce, à laquelle il prétend Que le bonhomme veut assister ; qu'il l'attend , Et que, malgré l'ardeur de son impatience , Il espère de nous la même déférence.
Dans tous ses procédés , vous voyez qu'il est faux.
HERtNE.
Le maître et le valet sont deux fieffés marauds.
jolie. .
Vous vous taisez , Damon?
CBISPIN.
Les vilaines manières!
Ma foi , mon maître et moi ne leur ressemblons guèjulie. [rcs.
Hé bien?
Vous me voyez moins surpris qu'interdit.
Sur votre esprit, Damon , si j'ai quelque crédit , J'en exige à présent une preuve sincère.
Me refuseriez -vous ?
DAMON
Parlez , que faut-il faire ?