LÉANDRE, DAMON, LOUVE
LÊANDBJE , à Diinoa.
Eh bien] comment Julie A-t-elle appris par toi ma fausse perfidie ? Parle : t'a-t-on reçu plus favorablement ? As-tu de son dépit bien saisi le moment ?
DAMON
Ce dépit à l'amour ne donne point d'atteinte ; Tout violent qu'il est , il se borne à la plainte. Malgré ce que j'ai dit , fidèle à son devoir. Elle veut te parler, et demande à te voir. Parle-lui : bâte-toi de la tirer de peine , Et ne t'expose point à mériter sa haine. Jusques a certain point on peut blesser l'amour : Mais qui l'offense trop , l'offense sans retour.
LE ANDES
C'est par oe seul moyen , par l'excès de l'offense , Que je puis être sûr de toute sa constance : Enfin pour l'éprouver jusques au dernier point , J'exige encore (ami, ne me refuse point) Qu'au vieillard qu'aigrira ma fausse perfidie , Pour toi , de mon aveu , tu demandes Julie. Voilà le dernier trait pour éprouver son cœur.
Dis-lui que je consens à t'en voir possesseur.
BAKOU
S'il va me l'accorder? Tu deviens fou , Léandre.
LRANDHE.
Ah ! c'est elle pour lors qui devra s'en défendre , Résister à tes voeux , refuser d'obéir, Te bannir de ses yeux, et même te haïr.
damon.
Fort bien; c'est donc le but de ce que tu projettes? Je me refuse à tort à ce que tu souhaites : Oh bien ! mon pauvre ami , je te déclare net Qu'après ce que tu sais, si tu suis ce projet. Pour te récompenser d'un pareil ridicule , Je te trahirai , moi , sans le moindre scrupule.