L'IRRÉSOLU
COMEDIE EN CINQ ACTES, ET EN VERS
FOUI LA PHEMJ&RB FOIS, EU 1713.
PREFACE
Qomn je donnai cette pièce su public , on me reproche de n'avoir pei suffisamment rempli le caractère de Ylrrè- (■!■ , parce que se* Irrésolutions ne rootoient que s» rembarras où Je le mettait de choisir une femme èatn trois personnes nul sembloient l'offrir t toi , c'est* dira madame Argante et ses deux Biles. '
On auroit voulu que. j'eusse bit naître * Dorante beaucoup d'entrée sujeti de délibérer et d'exercer son génie Incertain, qui , enr chaque matière, lui prêtante loajoun de* rejtoai pour et contre , et le met, par conséquent, dans l'iropoEaibililé de se déterminer sur aucun parti.
J'avoue ingénument qne, lorsque j'entrepria ce sujet, je me trouvai moi-même fort irrésolu anr la manière dont je le traiterais. D'abord j'ent dr.sseln de mettre en marre un grand nombre d'Incidents propres à caraetérleer mon béroe.ll devoit parcitre en petit collet, eesnite endosser la robe , et enfla prendre l'épee. Ce» idée* , jointe, a beaucoup d'autre» , me saisirent et me plurent long-temps. Maie je considérai , toote réflexion laite, que, li j'eidcutoli ua plan ai chargé , l'abondance des matières me jetterait Infailliblement de ni la nécessité de n'entrer dantancani détail*, et de ne rien traiter I fond. Outre cela, je fis une réflexion qed me paroK encore jadteiense , c'est qu'en fanant paner Dora nie par tant d'épreuve* df fléreat», dans l 'espace étroit de Tirtgt-quatre heures , aoqnelletrrglesdu théâtre noosa*-
teroi
•on» , qu'un galant nomma , qui n'a d'entre débat qae l'irrésolution , et qui , loin d'être méprisable , peut mériter d'être plaint.
Je crus doue devoir me borner au seuls incidents qui oonstf tuent cette comédie. Pour annoncer mon Jrrèivln , je me contentai de bien faire son portrait .parle récit de diverses drcontlaucea qui ayoient précédé ' l'action , et je m'efforçai de la rendre simple et naturelle, afin d'avoir la liberté détendre le dlilogne, et de traiter a tond la matière dans laquelle je
Cependant je sent», aux représentations de cette pièce, la solidité d'une des maxime* d'Horace dans son Art poé-
lpse 4ht tradJI spectalor. .
El je me repentis de n'aToir pas mis en action quelquesunes des clroonsluKet qui n'étoient qu'en récit. D'ailleurs, je m'apereds de quelques redites, dans lesquelles je misai* tomber Dorsale, et qu'un peu moins de simplicité, et plus de variété , enrôlent donné bien du relief t cet ou- Trage. C'est ce qui m'a déterminé t y faire bcsueoupde
corrections et de changera aoti aanaj 1 es trois premlert ectea, et I refondre presque entièrement les déni dernier., qui , d je ne me trompe , sont infiniment aa-desans de cequlls étaient, d'autant plus que Dorante revient au parti de la robe, et te resont aérieusement t quitter répée, pour acheter an pins toi une charge de conseiller. Hais je ne me borne pas à loi [aire naître cette idée par un pur effet d'Inconstance et de légèreté ; je Ihl donne pour cela des misons très-pum«lb!es, dn moins pour on homme qui penche t la jalousie, démot qu'il fart setiHreulni de* le premier acte, ctqui le hit balancer tl souvent entre l'objet de «on estime et celui de àon amour. Je passe tttrptasieur» intret augmentations dont j'ai Uebé d'orner cette comédie , osant me «aller que ceux qui prendront la pejna d'en comparer la première édition aveu-la seconde pourront trouver dan* celle-ci d'heureux effets de l'expérience. etdesréQeiioD». En sorte que je crois pouvoir espérer que, lorsqoe i'frréjofiuera remis au théilre, il recevra la récompense d'avoir pris une meilleure forme, et d'être devenu pins propres divertir le public, dont les amusements Innocents et uUies eoul le principal objet de mes soins et de mes travaux.
PERSONNAGES.
PVBANTB.TlelDard.
LJSIMON. andeâ «ni de Fjrtnte.
Madame ABOANTE, icare.
CÉUMÈM5,
mil,
DOBAKTS. Bli de Pyranlc.
Le CHBVALIEB . fil» de LMmon.
NBBtNE, femme de chambre de madame Argante.
FRONTIN , valet de-chamirè de Dorante.
La «cène elt » Pari» danà an Miel garni
BUe> de madame Argante.