‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 633 sur 1244 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

PYRANTE, LISIMON.

PYHiNTE.

Oui , cette veuve est folle , et son extravagance A souvent, j'en conviens , lassé ma patience ; Mais , depuis tout le temps que vous êtes ici , Vous vivez avec elle, et j'y puis vivre aussi.

LISIMON.

J'y vis en enrageant , et maudis cent fois l'heure Où dans cette, maison j'ai choisi ma demeure. Allons loger ailleurs.

PYBÀNTE.

Je n'y puis consentir.

LISIMON.

Vous aurez bientôt lieu de vous en repentir.

FYHÀKTE.

Enfin , quoi qu'il en Soit , une raison pressante M'obligea demeurer avec madame Argante.

LISIMON.

Mais vous n'y reveniez que pour l'amour de moi, Disiez -veu s.

Je conviens...

LISIMON.

• Parlons de bonne foi,

Cette raison pressante est facile à connottre , Et de vos volontés votre Sis est le maître ; C'est lui qui vous oblige à vous loger ici.

PVBANTB-

ComnMill'a souhaité, je le souhaite aussi.

LISIMON.

Voulez-vous que je parle avec franchise entière? Il est très-mauvais fils , et vous très-mauvais père. A ce fila trop aimé vous ne refusez rien.

Non.

LISIMON.

Il fait votre office , et vous faites le sien. O quel renversement ! N'avez -vous point de honte ?

, PYBANTÉ.

Vous désapprouvez donema conduite, à ce compte?

LISIMOB.

En doutez-vous, morbleu! Qui voudrait l'approuver?

pyhawte. (trouver.

Tous ceux qui , comme moi , pourroient s'en bien

Imitez mon exemple, et dans huit jours je gage...

LISIMON.

Autoriser mon fils dans le libertinage !

pyrante.

Bien loin de l'y plonger, vous l'en retirerez.

LISIMON.

C'est en vain sur cela que vous me prêcherez : Vous blâmez ma conduite, et je blâme (a vôtre.

PYBANTE.

Oui ; mais la plus heureuse est préférable à l'autre.

LISIMON.

Et que fait doue ce fils , de beau, de merveilleux ?

Apprenez-le en deux mots, il fait ce que je vêtu.

Je trouve qu'en cela sa peine n'est pas grande-, Car vous voulez toujours tout ce qu'il vous demande.

PYHANTË.

Moi , je cherche son goût ; il se conforme au mien. Mon fils est mon ami , comme je suis le sien.

LISIMON. ■ - Ma foi, vous radotez; je vous croyois plus sage.

: PYBANTE.

Je ne me repens point de suivre cet usage.

Dès ses plus jeunes ans j'ai voulu le former.

Le succès de mes soins a droit de me charmer.

D'abord, en lui parlant, je pris un air sévère,

Pour lui faire sentir l'autorité de père :

La crainte et le respect ayant saisi son cœur,

A la sévérité je joignis la douceur.

Je lui parfois raison; dès l'Age le plus tendre,,

Etjeraccoutumois tous les jours à l'entendre.

Il connut ses devoirs , non par le châtiment ,

Mais par l'obéissance et te raisonnement.

S'il y manquait parfois , la rongeur, dès cet Age ,

Quand je l'en, reprends , lui montoit au visage ,

Et je reconnoissois, en sondant son esprit ,

Qu'il rougissoit de honte , et non pas de dépit.

LISIMON.

Moi , je rougis pour vous de dépit et de honte, De voir que vous puissiez me faire Un pareil conte.

PYHANTK.

Écoulez jusqu'au bout

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